Choix de Luna (Le)
Réalisé par Jasmila Zbanic (2011)
Drame
| Durée | 104 minutes |
| Sortie | 09/02/2011 |
| Note | 6/10 |
L’hôtesse de l’air Luna et son ami Amar, un contrôleur aérien, rêvent d’avoir un enfant, en dépit des problèmes d’ordre médical qui s’y opposent. Quand Amar est mis à pied au travail, à cause de son alcoolisme, Luna s’inquiète pour l’avenir de son couple. Elle n’est point rassurée quand Amar intègre un camp wahhabiste, sur invitation de Bahrija, un ancien camarade de guerre. A son retour, Amar a complètement changé sa vision du monde et aimerait que Luna fasse de même.
La critique
Par Tootpadu 09/02/2011
Le temps guérit doucement les blessures que la Bosnie a subies pendant la guerre, mais ce n’est pas pour autant que ce pays meurtri renaît subitement de ses cendres. Le passage des générations ne coïncide ainsi guère avec une mise à zéro du compteur de la conscience collective. Dans le contexte d’une rémission aussi timide, il serait sans doute trop optimiste de parler d’un départ vers un avenir radieux, moins traumatisant. Ce sont juste de nouveaux problèmes qui se présentent à des jeunes, qui portent encore en eux le souvenir douloureux d’une enfance en temps de guerre. L’intérêt qu’Amar porte à une mise en pratique plus stricte de ses origines musulmanes fait partie des séquelles d’un processus d’extermination, auquel lui et sa copine ont échappé de justesse, mais qui a durablement compromis leur conception d’une vie en famille.
Le partage de cette philosophie du survivant est sans doute ce qui incite Luna à préserver aussi longtemps auprès de son compagnon, devenu intégriste du jour au lendemain. Cette femme forte fait tout son possible pour sauver son couple et mener à bien leurs projets. L’amour charnel et sentimental, tout comme la vie commune faite de signes de complicité multiples l’empêchent d’envisager sans états d’âme une rupture éventuelle. Le conflit qui oppose l’attachement profane entre un homme et une femme à une béquille spirituelle sous forme d’une conversion à l’extrémisme religieux se trouve ainsi au cœur de ce film plutôt subtil. Le Choix de Luna n’est en fin de compte pas celui que l’on croit, c’est-à-dire son assujettissement aveugle à la nouvelle foi de son amant, ou au contraire une opposition féroce à cette folie religieuse. C’est peut-être aussi parce qu’il ignore les solutions faciles et les réponses prévisibles, que le deuxième film de la réalisatrice Jasmila Zbanic ose se borner à perpétuer d’une façon saisissante le point de vue au féminin sur un peuple en pleine reconstruction émotionnelle, qui avait déjà marqué ses débuts dans la fiction.
Le point fort incontestable du film est alors sans grande surprise l’interprétation de Zrinka Cvitesic dans le rôle de Luna. L’aspect moderne de ce personnage, qui participe modestement à la globalisation en prenant régulièrement l’avion et en faisant escale dans des hôtels anonymes, ne débouche point sur une caractérisation superficielle ici. Au contraire, le grand écart qui risque de déchirer Luna est également celui entre le présent et le passé, voire celui encore plus difficile à négocier entre l’inertie du présent et un avenir en proie aux mêmes influences radicales, qui avaient permis l’horreur des années de guerre.
Le partage de cette philosophie du survivant est sans doute ce qui incite Luna à préserver aussi longtemps auprès de son compagnon, devenu intégriste du jour au lendemain. Cette femme forte fait tout son possible pour sauver son couple et mener à bien leurs projets. L’amour charnel et sentimental, tout comme la vie commune faite de signes de complicité multiples l’empêchent d’envisager sans états d’âme une rupture éventuelle. Le conflit qui oppose l’attachement profane entre un homme et une femme à une béquille spirituelle sous forme d’une conversion à l’extrémisme religieux se trouve ainsi au cœur de ce film plutôt subtil. Le Choix de Luna n’est en fin de compte pas celui que l’on croit, c’est-à-dire son assujettissement aveugle à la nouvelle foi de son amant, ou au contraire une opposition féroce à cette folie religieuse. C’est peut-être aussi parce qu’il ignore les solutions faciles et les réponses prévisibles, que le deuxième film de la réalisatrice Jasmila Zbanic ose se borner à perpétuer d’une façon saisissante le point de vue au féminin sur un peuple en pleine reconstruction émotionnelle, qui avait déjà marqué ses débuts dans la fiction.
Le point fort incontestable du film est alors sans grande surprise l’interprétation de Zrinka Cvitesic dans le rôle de Luna. L’aspect moderne de ce personnage, qui participe modestement à la globalisation en prenant régulièrement l’avion et en faisant escale dans des hôtels anonymes, ne débouche point sur une caractérisation superficielle ici. Au contraire, le grand écart qui risque de déchirer Luna est également celui entre le présent et le passé, voire celui encore plus difficile à négocier entre l’inertie du présent et un avenir en proie aux mêmes influences radicales, qui avaient permis l’horreur des années de guerre.
Vu le 31 janvier 2011, à la Salle Pathé Lincoln, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10