Mère de Valentina (La)

Réalisé par Matti Harari, Arik Lubetzky (2011)

Drame
Mère de Valentina (La)
Durée 75 minutes
Sortie 26/01/2011
Note 5/10

Paula, une vieille dame d’origine polonaise, vit seule dans son appartement à Tel-Aviv. Son fils unique Shlomo voudrait bien engager une femme de ménage pour aider sa mère dans les tâches quotidiennes, mais elle refuse catégoriquement toute assistance. Jusqu’au jour où une amie lui présente Valentina, une jeune immigrée polonaise à la recherche d’un travail. Paula l’accepte les bras ouverts chez elle et se lie d’amitié avec cette jeune femme, avec laquelle elle peut converser dans la langue de son enfance, d’avant la Shoah.

La critique

Par Tootpadu 19/01/2011

Le ton sobre sur lequel ce film israélien – le deuxième de ses réalisateurs – démarre sied parfaitement à la nature joliment anodine de son histoire. Dans ce récit initialement attachant sur une vieille dame, qui échange un peu de son autonomie contre une relation amicale qui tourne à l’obsession, il est question de la dépendance, ce retour de bâton cruel envers les personnes âgées, synonyme d’infantilisation. Paula subit certes les premiers signes indubitables du déclin physique et mental qui nous attendra tous un jour ou l’autre, mais son entêtement lui évite de rendre trop rapidement les armes, face aux tentatives de tutelle sans doute bien intentionnées mais quelque peu expéditives de la part de son fils unique. Elle est consciente qu’il lui faudra quelqu’un pour l’assister dans les tâches ménagères, mais quitte à voir son intimité violée, autant le faire à ses conditions.
A l’image du Voyage du directeur des ressources humaines de Eran Riklis, La Mère de Valentina pose un regard nullement complaisant sur la situation des immigrés de l’Europe de l’est venus en Israël. Les origines de Valentina ont évidemment leur importance dans le contexte d’un retour vers l’enfance traumatisante de la vieille dame. Mais dans l’ensemble, cette jeune femme déracinée n’est guère traitée avec plus de bienveillance que la bonne venue des Philippines que Paula refuse d’accueillir chez elle au tout début du film.
La xénophobie latente qui fait partie du bagage social du film est à peine atténuée par le projet insensé de l’adoption. Au contraire, dès que le souvenir de la Shoah – cette tragédie profondément inscrite dans la conscience collective israélienne – fait son apparition, la narration est comme désemparée pour intégrer cette couche thématique supplémentaire au sein d’un film, qui en avait déjà suffisamment. Tous les éléments qui rendaient auparavant le sort de Paula accessible et touchant s’éclipsent alors, au fur et à mesure qu’elle perd la capacité de distinguer entre la Valentina de son passé et celle du présent. La conclusion assez bâclée du film s’inscrit hélas dans une optique de fatalité, semblable à l’état d’esprit de plus en plus perturbé de cette femme qui ne sait pas, ou plutôt, qui ne veut plus se soustraire aux démons de son histoire personnelle.

Vu le 11 janvier 2011, à la Salle Pathé Lincoln, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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