Cinquante Nuances de Grey
Réalisé par Sam Taylor-Johnson (2015)
| Durée | 125 minutes |
| Sortie | 11/02/2015 |
| Note | 3/10 |
L'histoire d'une romance passionnelle, et sexuelle, entre un jeune homme riche amateur de femmes, et une étudiante vierge de 22 ans.
La critique
Par Mulder 03/05/2015
Alors que dans les années 80 et 90 des films comme 9 semaines ½ (Adrian Lyne, 1986), Basic Instinct (Paul Verhoeven, 1992) Sliver (Phillip Noyce,1993), Body (Uli Edel 1993), Jade (William Friedkin, 1995) réussissaient à trouver leur public par leur récit sulfureux avec une véritable vision d’auteur, Cinquante nuances de Grey ne semble exister que pour des raisons mercantiles. Fort du succès du livre homonyme de l’écrivaine britannique E. L. James publié en avril 2012, deux autres livres suivirent Cinquante nuances plus sombres (2013) et Cinquante nuances plus claires (2013). La qualité littéraire plus que discutable du livre ne pouvait pas donner naissance à un grand film et le résultat est confondant de médiocrité.
Certes adapter un livre sous-entend dans la plupart des cas en extraire la moelle et en tirer un scénario suffisamment bien élaboré pour permettre non seulement à ceux qui ont aimé le livre de voir les différents changements et aux autres de découvrir une histoire prenante. On ne peut remarquer que la platitude de la mise en scène, le manque de rebondissements et surtout une réalisation fade. Alors que le livre trouvait un public guère difficile et attiré par son caractère pornographique, le film semble avoir été totalement aseptisé. On se doute qu’un réalisateur comme Paul Verhoeven aurait pu faire de ce film une œuvre intéressante, complexe et sexuellement explicite. La réalisatrice Sam Taylor-Wood semble vouloir répondre à un cahier des charges sans avoir un minimum de recul et faisant de son second film (après Nowhere Boy (2009)) l’équivalent d’un pilote d’une série américaine, d’un soap opéra risible et indigeste..
De la même manière que l’écrivaine E. L. James a trouvé son inspiration dans la saga de romans Twilight Stephenie Meyer, ce film semble avoir été conçu pour rencontrer le même public que l’adaptation cinématographique de celle-ci. Il en ressort un film qui avait tout pour être un thriller érotique sulfureux mais qui n’est finalement qu’une simple romance entre un puissant chef d’entreprise marqué par son passé et une jeune étudiante vierge. Pire, tout semble conçu dans ce film à l’image du premier Jurassic park pour vendre un maximum de produits dérivés (sextoys, livres, albums, parfums..), une sorte de publicité géante et vaine.
Le casting principal pourtant séduisant Dakota Johnson (Need for Speed (2014)) et Jamie Dornan (aperçu dans la série Once upon a time) aurait pu donner naissance à une comédie romantique épicée mais la platitude et la linéarité du scénario signées par Kelly Marcel (Dans l'ombre de Mary - La promesse de Walt Disney (2013)) ne séduit guère. Les rapports entre ces deux personnages semblent être purement mécaniques et sans réel fondement. Certes la photographie de Seamus McGarvey et Kramer Morgenthau sauve le film du naufrage mais ne présume rien de bon pour une suite annoncée pour une sortie en salles en 2017.
Vu le 15 février 2015 au Gaumont Disney Village, Salle 01