Rien à déclarer

Réalisé par Dany Boon (2011)

Comédie
Rien à déclarer
Durée 108 minutes
Sortie 02/02/2011
Note 4/10

En 1993, de nombreuses frontières au sein de l’Europe tombent, y compris celle entre la France et la Belgique à Courquain, au grand dam de Ruben Vandevoorde, un douanier belge zélé, voire nationaliste, qui est prêt à tout pour empêcher les « camemberts » d’envahir son pays. De l’autre côté de la barrière, son collègue français Mathias Ducatel voit d’un œil infiniment plus bienveillant ses voisins belges, puisqu’il sort depuis un an secrètement avec la sœur de Vandevoorde. Afin d’améliorer les rapports avec celui qui pourrait bien un jour devenir son beau-frère, Ducatel accepte de participer avec lui à la première brigade volante des douanes franco-belges.

La critique

Par Tootpadu 09/01/2011

Après le succès commercial retentissant de son film précédent, Dany Boon était sans doute attendu au tournant. Allait-il pouvoir accomplir une nouvelle fois l’exploit de faire rire toute la France, ou presque, avec une histoire dont la gentillesse généralisée n’offusquera personne ? En bon défenseur du cinéma populaire qui se respecte, le réalisateur a hélas opté cette fois-ci pour une approche plus démagogue, faisant de la xénophobie le ressort plus que douteux d’un humour qui ne l’est pas moins. Là où Bienvenue chez les ch’tis pouvait encore passer pour l’avocat naïf mais bien intentionné d’une meilleure entente entre les différentes régions françaises et de l’abolition de préjugés par définition infondés, ce film-ci tire son potentiel comique clairement limité de la mise en avant d’un état d’esprit péniblement rétrograde.
La seule des caricatures ambulantes qui font office de personnage dans Rien à déclarer qui ne soit pas complètement fadasse est en effet celle qui permet à Benoît Poelvoorde de proférer avec grandiloquence des âneries racistes à la pelle. Le rôle outrancier du douanier belge qui voit le mal français partout a en effet libre jeu pour donner une scène à des propos intolérables, même à l’époque pas si reculée du début des années 1990. Loin de nous l’idée de vouloir accuser le pauvre Dany Boon d’un agenda volontairement nationaliste. Mais la disposition de l’intrigue – autrement d’un ennui mortel avec ses comparses sans saveur et le prétexte policier risible du trafic de drogues – fait que le ton tendancieux peut facilement prendre le dessus sur toutes les velléités enfantines qui ont jusqu’à présent fait le succès du réalisateur.
La mission d’infantilisation et de duperie du public entreprise par le film se solde donc par un échec redoutable en termes de qualités civiques et cinématographiques, mais hélas probablement pas d’un point de vue économique, puisque l’ignorance et l’intolérance présentées sous un jour dérisoire font toujours rire la populace. La mauvaise graine indécrottable du douanier Vandevoorde sort vainqueur de cette calamité sociale, qui aurait dû paraître immodérément démodée en cette deuxième décennie du XXIème siècle, mais qui est au contraire un indicateur clair et net de l’état d’esprit arriéré d’une certaine partie du versant soi-disant comique du cinéma français.

Vu le 6 janvier 2011, à la Salle Pathé Lamennais

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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