Dinner (The)

Réalisé par Jay Roach (2010)

Comédie
Dinner (The)
Durée 109 minutes
Sortie 10/11/2010
Note 4/10

L’analyste financier Tim espère pouvoir profiter du licenciement d’un collègue, pour grimper dans l’hiérarchie de son entreprise. Il ne lui reste plus qu’à convaincre son patron, qui l’invite à participer à un dîner un peu particulier, consistant essentiellement en une compétition pour déterminer lequel des convives a su emmener le plus grand con. Lorsque Julie, la copine de Tim et toujours pas décidée de l’épouser, apprend cette condition à l’éventuelle promotion, elle est atterrée et incite son compagnon à y renoncer. Tim serait tenté de lui donner raison, s’il n’avait pas fait la connaissance d’un individu tout à fait improbable : Barry, de profession contrôleur fiscal, est une véritable catastrophe ambulante, dont les gaffes monumentales le prédestinent forcément à remporter le premier prix au dîner de cons.

La critique

Par Tootpadu 25/11/2010

Ces producteurs hollywoodiens et leur satanée propension à vouloir à tout prix transposer des succès soi-disant étrangers pour le territoire et un public américains ! Il y a quelque chose de profondément indigne dans cette démarche mercantile, qui présuppose d’un, que les spectateurs d’outre-Atlantique sont trop bêtes, paresseux, et ignorants pour lire des sous-titres, et de deux, qu’une adaptation en anglais équivaut à la consécration suprême d’un film qui n’aurait pas été aussi accessible pour le reste du monde dans sa monture originale. Hélas, cette pratique d’une transposition culturelle à l’arraché est rentrée depuis longtemps dans les mœurs, et cette nouvelle version du Dîner de cons n’est cette année qu’une étape supplémentaire sur la route interminable et déplaisante de l’opportunisme avide, perdue quelque part entre Hatchi, Benvenuti al Sud - pour l’exception italienne – et The Tourist. Inutile de préciser que la plupart de ces refontes ne sont que de pâles copies des histoires plutôt originales qu’elles vampirisent sans vergogne.
L’intrigue du film de Francis Veber n’avait déjà à l’époque – il y a douze ans de cela – rien de mirobolant. Tout juste un divertissement convenable, son plébiscite considérable pourrait s’expliquer par le besoin récurrent du public français d’être rassuré au sujet de la recette indémodable de la comédie bien de chez nous. Pris en sandwich entre le deuxième et le troisième épisode des déboires de Greg Focker et son beau-père, le réalisateur Jay Roach ne fait strictement rien pour rendre cette histoire plus attrayante ou pour lui donner un coup de jeune. L’abandon des restrictions inhérentes au dispositif théâtral, encore prépondérant dans le film original, ne se solde ainsi par aucun regain en vigueur du récit, toujours aussi poussif d’un point de vue moral. La succession molle de vannes et autres quiproquos embarrassants nous fait seulement regretter que la mise en scène n’ait pas abordé la tâche ingrate d’un remake américain avec le même soin et la même précision que les artisans responsables du monde miniature des souris.
La plus grande faiblesse de The Dinner - en voici un titre bidon qui illustre parfaitement la nature de cette production entièrement négligeable –, ce sont cependant les interprétations sans le moindre intérêt. Le cabotinage ennuyeux est ainsi le maître-mot parmi les cons présumés, joués sans conviction par Steve Carell et Zach Galifianakis, tandis que Paul Rudd n’a toujours pas trouvé la formule magique pour nous inspirer autre chose qu’une indifférence totale, face à ce comédien exceptionnellement fade.

Vu le 15 novembre 2010, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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