Petits mouchoirs (Les)
Réalisé par Guillaume Canet (2010)
| Durée | 154 minutes |
| Sortie | 20/10/2010 |
| Note | 5/10 |
Rien ne va plus pour un groupe d’amis parisiens à l’approche des vacances d’été. Alors que Ludo est impliqué dans un accident de scooter qui le laisse sérieusement blessé aux soins intensifs, Vincent se confie en secret à Max pour lui faire part de l’attirance qu’il éprouve à son égard. Les amis décident néanmoins de partir tous ensemble comme chaque année, quitte à écourter d’une semaine leur séjour dans la luxueuse résidence secondaire de Max sur la côte atlantique. Mais entre les coups de blues des uns et les chagrins d’amour des autres, la détente et la bonne humeur ont plus de mal à s’installer que d’habitude.
La critique
Par Tootpadu 14/11/2010
Exception faite des deux extrémités de l’intrigue, qui insiste lourdement sur la vacuité des personnages, auxquels il faudra un double coup de massue pour resserrer réellement leurs rangs, le scénario déborde de vignettes sans gravité, mais sans originalité non plus. Puisqu’on est obligé de passer plus de deux heures et demie en leur compagnie, on finit par éprouver une sorte d’attachement de circonstance envers Marie, Eric, Isabelle, et les autres. Cependant, la routine de leur oisiveté, avec ses petits mensonges et ses compromis qui ne font plaisir à personne, risque constamment de nous agacer. La prémisse du copain adoré de tous qui se meurt à l’hôpital, alors que les autres partent sans trop de scrupules s’amuser à la plage, fait décidément démarrer le récit sur le mauvais pied. On se doute bien que le réalisateur l’avait employée dans le but de souligner à quel point les rapports amicaux de cette génération gâtée sont basés sur l’hypocrisie et une fausse impression de réconfort au sein d’un groupe soudé seulement en apparence. Il ne manque d’ailleurs pas de nous le rappeler d’une manière désagréablement édifiante lors de la conclusion larmoyante. Mais au lieu de s’élever au niveau d’un commentaire lucide sur le manque de compassion et d’humanité du mode de vie français actuel, le récit préfère patauger dans les blagues faciles et les coups de théâtre moyennement exécutés.
Car le véritable point faible du film est la mise en scène de Guillaume Canet. Pas assez du fait qu’il a une fâcheuse tendance à noyer absolument toutes les pointes d’intensité dramatique dans des choix musicaux franchement paresseux. Le rythme rapiécé de la narration ne sert en fin de compte qu’à laisser le spectateur exténué, une fois que les soucis des nombreux personnages ont à peu près été résolus sur un ton mélodramatique, mais nullement épique.
Vu le 14 novembre 2010, au MK2 Quai de Seine, Salle 4