Des filles en noir
Réalisé par Jean Paul Civeyrac (2010)
| Durée | 87 minutes |
| Sortie | 03/11/2010 |
| Note | 6/10 |
Un an après avoir tenté de mettre fin à ses jours, la lycéenne Noémie n’a toujours pas retrouvé goût à la vie. Tout lui indiffère, à l’exception de ses cours de flûte et de sa meilleure et seule amie Priscilla, aussi déprimée qu’elle, avec laquelle elle voue un culte au poète suicidaire Heinrich von Kleist. Définitivement dépitées de leur existence morne et dépourvue d’espoir, les deux adolescentes décident de mettre en action leur menace de se donner la mort, proférée en classe en point d’orgue d’un exposé à la gloire de la mort.
La critique
Par Tootpadu 21/10/2010
Par le biais d’un ton franc et nullement thérapeutique, le récit ne cherche en effet point à transmettre un message en faveur de la vie, sous un angle optimiste et superficiel. Il embrasse davantage le spleen morbide des deux filles, sans en chercher une explication, ni une issue faciles. Noémie et Priscilla veulent mourir, soit, mais le scénario du film refuse de faire de cette finalité néfaste l’enjeu principal de l’intrigue. Dans Des filles en noir, il s’agit plutôt de faire ressentir au spectateur tout le mal de vivre qui pousse les deux personnages à cet acte mûrement réfléchi. La dernière partie un peu trop étirée du film confirme ce constat, que la dépression ne disparaît pas miraculeusement juste parce que les filles ont côtoyé de près la mort. Une fois que le mal du siècle s’est abattu sur elles, l’espoir timide, voire nullement désiré, d’échapper à cette philosophie qui voit tout en noir devient un combat à mener de nouveau chaque jour.
Les deux jeunes comédiennes Elise Lhomeau et Léa Tissier ont relevé haut la main le défi de conférer une certaine dignité à leurs personnages autodestructeurs. Leur parcours en lisière de la vie n’a rien de pathétique. Au contraire, l’impression du gâchis provoqué par une existence fauchée à cause d’un état d’âme en détresse est d’autant plus cinglante, que les deux filles paraissent guidées par un dégoût de la vie qu’elles sont elles-mêmes incapables de contrôler. Seule leur complicité leur donne alors la force de continuer dans leur projet sinistre, faute de quoi une tentative de réinsertion dans une existence bien rangée ne procure pas plus de satisfaction à l’une d’entre elles.
Vu le 19 octobre 2010, au Club Marbeuf