Innocents (Les)
Réalisé par André Téchiné (1987)
| Durée | 94 minutes |
| Sortie | 23/12/1987 |
| Note | 6/10 |
Jeanne a quitté pour la première fois sa ville natale dans le nord, afin d’assister au mariage de sa sœur dans le sud de la France. Sa véritable motivation pour le voyage est cependant d’y retrouver son petit frère Alain, sourd et muet, et de le ramener avec elle. Alors que son autre sœur voudrait bien se débarrasser du jeune homme irascible, celui-ci s’est lié d’amitié avec Saïd, un voyou qui prévoit de s’exiler en Algérie, le pays de ses ancêtres. Quand Alain fait une fugue, le professeur Klotz est le seul à savoir comment le retrouver. En allant chez lui, Jeanne y fait la connaissance de son fils Stéphane, convalescent d’une agression dont il est tombé victime six mois plus tôt. De moins en moins convaincue de pouvoir raisonner Alain, elle ne tarde pas à tomber sous le charme du jeune homme ténébreux.
La critique
Par Tootpadu 22/03/2011
Avant et après, l’emphase du ton qui nous fait constamment redouter le surgissement du drame dans ce microcosme peuplé d’individus las de vivre empêche de telles envolées poétiques. La narration d’André Téchiné est certes trop sophistiquée et subtile pour s’abaisser au niveau d’une emphase pompeuse ou d’une prémonition lourdement fataliste. Mais son approche en mode lugubre d’une sélection large de sujets sociaux, comme le handicap, les couples mixtes, l’homosexualité, le racisme et la xénophobie, étouffe d’emblée toute possibilité d’une bouffée d’air frais formelle et d’une considération de l’humanité autrement qu’à travers le prisme tortueux du scénario à forte connotation tragique.
Même la fascination pour les corps dénudés de beaux jeunes hommes dont la caméra tombe pratiquement amoureuse – une autre constante dans l’œuvre d’André Téchiné, conjuguée ici par le biais de deux acteurs à l’avenir diamétralement opposé, puisque le premier, Abdellatif Kechiche, est depuis devenu un cinéaste reconnu, tandis que le deuxième, Simon De La Brosse, avait mis fin à ses jours dix ans plus tard – ne permet pas à ce film de s’affranchir d’une torpeur accablante, qui n’est sans doute pas complètement involontaire de la part d’un réalisateur, abonné fidèle au vague à l’âme.
Vu le 20 mars 2011, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju