Karate kid (The)
Réalisé par Harald Zwart (2010)
| Durée | 140 minutes |
| Sortie | 18/08/2010 |
| Note | 5/10 |
Quelques années après le décès de son père, le jeune Dre est obligé de suivre sa mère en Chine, où elle a trouvé un nouveau travail. Dès ses premières heures à Beijing, Dre sent qu’il n’y est pas à sa place. Il se fait tabasser par le méchant Chang, qui ne veut pas qu’il fréquente Mei Ying, une jeune musicienne ambitieuse. Même à l’école, le garçon américain plutôt chétif se fait malmener par Chang et sa bande. Après une tentative de revanche qui a mal tourné, Dre ne doit son salut qu’à Monsieur Han, le gardien et homme à tout faire de son immeuble, qui intervient in extremis pour le défendre de ses agresseurs. Convaincu que le kung-fu doit servir à établir la paix, Monsieur Han défie le professeur en arts martiaux de Chang et se voit contraint d’accepter Dre comme son élève. Il ne reste alors plus que quelques semaines d’entraînement, avant l’affrontement entre Dre et Chang sur le ring d’un tournoi de kung-fu.
La critique
Par Tootpadu 22/07/2010
En effet, The Karate kid n’a nullement besoin de citer le film original réalisé il y a plus d’un quart de siècle par John G. Avildsen. Son histoire est tellement éculée et ressassée auparavant par la pléthore d’imitations du film qui se trouve probablement à l’origine de toutes ces balivernes édifiantes, Rocky du même réalisateur, qu’il devient carrément impossible d’y distinguer les traces d’un original hypothétique. La formule simpliste du dépassement de soi, peu importe les obstacles et les contretemps, est ainsi respectée à la lettre dans ce film plutôt médiocre. La victoire finale du petit Américain, fier et crâneur, n’y est jamais mise en doute et même le parcours tortueux et relativement long pour y parvenir ne nous réserve point de sursaut notable d’un point de vue scénaristique.
De la part d’un réalisateur comme Harald Zwart, nous étions guère en droit d’attendre davantage. Et pourtant, par certains aspects, son film acquiert le degré minimal de profondeur, qui rend son existence pas complètement inutile. En déplaçant l’intrigue en Chine, The Karate kid ne tient pas seulement compte de l’inversement du flux de l’immigration économique, qui oblige désormais les Américains, autrefois nombrilistes, de chercher leur fortune hors des frontières de leur nation glorieuse. Le film ouvre aussi la porte à une parenthèse au moins émotionnellement crédible sur le déracinement, l’exclusion, et la difficulté de s’intégrer dans un pays étranger. La mentalité de la carte postale, sur laquelle figurent à la fois la Cité interdite et la Grande muraille, et de la structure dramatique grossièrement manichéenne est bien sûr toujours présente et explique essentiellement le succès public considérable du film aux Etats-Unis. Mais la conquête de la Chine par un gamin, qui rêve sans doute de devenir un jour le président de son pays, se passe heureusement du ton condescendant, qui rendait jadis les contes d’un colonialisme larvé aussi infects.
On serait donc presque tenté d’être clément avec ce film gentillet, qui ne nous apprend rien, et qui produit au mieux une sensation d’exaltation très passagère. En étant bienveillant, on pourrait même y déceler quelques bribes d’humanité, comme par exemple dans l’explication du désarroi du professeur, joué sans trop de conviction, mais assez sobrement par Jackie Chan. Hélas, la gaucherie affectée de Jaden Smith nous rappelle que nous nous trouvons devant une entreprise de népotisme à peine acceptable, dans laquelle les producteurs Will Smith et Jada Pinkett Smith ont tout fait pour trouver un projet le moins casse-gueule et le plus valorisant possible pour leur progéniture.
Vu le 21 juillet 2010, au Club Marbeuf, en VO