Beur sur la ville
Réalisé par Djamel Bensalah (2011)
| Durée | 101 minutes |
| Sortie | 12/10/2011 |
| Note | 5/10 |
Dans la banlieue populaire de Villeneuve, Khalid Belkacem n’a jamais réussi à faire grand-chose de sa vie. Son emploi jeune au commissariat local arrive à terme et ses résultats aux examens d’entrée dans la fonction publique ont été si mauvais qu’il fait même honte à son futur beau-père, qui devrait être promu très prochainement lieutenant. Or, à cause d’une pénurie de symboles de la mixité culturelle et raciale de la société française dans la dernière promotion des officiers de police, le préfet nomme Khalid à ce poste de responsabilité. Sa première tâche sera d’arrêter, avec l’aide de la commissaire de la brigade criminelle Diane, le tueur du vendredi, un homme apparemment musulman qui a déjà sauvagement assassiné trois jeunes femmes dans la cité.
La critique
Par Tootpadu 18/10/2011
De Jean-Claude Van Damme à Valérie Lemercier, en passant par Ramzy Bedia et Paul Belmondo, sans oublier les transfuges des films précédents du réalisateur Julien Courbey et David Saracino, le gratin d’un certain cinéma populaire français s’est donné rendez-vous dans ce film anodin, qui s’efforce du coup à accommoder en priorité ces célébrités sur le déclin avec des rôles guère mémorables. Cette surabondance de noms et de visages connus tend même à nous distraire irrémédiablement de l’intention centrale du film, qui serait de proposer une vision vaguement optimiste du quotidien des laissés-pour-compte de la république française. Le trait outrancier que Djamel Bensalah emploie pour la description de la vie en banlieue, avec notamment un commissariat dans un état déplorable et une flopée de personnages qui représentent chacun un cliché bien précis de l’étranger mal intégré et malpropre, propulse son film très loin sur le terrain, peu fertile en termes de réflexion sociale, de la caricature pure et dure.
Passablement divertissant et pas entièrement dépourvu d’un humour plutôt bon enfant, le cinquième film de Djamel Bensalah ne contribue cependant rien à l’effort d’intégration qu’une civilisation ouverte et tolérante devrait entreprendre chaque jour. Tout ce qu’il fait, c’est de colporter les poncifs les plus lourds sur la cité, en espérant que l’exagération manifeste et la morale timide de son histoire permettront indirectement aux spectateurs de se rappeler que ce ne sont pas des condensés de préjugés qui peuplent les banlieues défavorisées, mais des hommes et des femmes à qui il convient de donner une chance. Vu la qualité moyenne de cette comédie qui ne sollicite guère les méninges, il est plus que probable que ce projet bien intentionné ne contribue pas outre mesure à une meilleure compréhension de cette communauté à l’antipode de la bourgeoisie de Neuilly, dans le collimateur peu nuancé du film précédent auquel le réalisateur avait contribué en tant que scénariste, Neuilly sa mère ! de Gabriel Julien-Laferrière.
Vu le 17 octobre 2011, à l’UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 3