Disparition d'Alice Creed (La)
Réalisé par J Blakeson (2010)
| Durée | 100 minutes |
| Sortie | 30/06/2010 |
| Note | 6/10 |
Vic et Danny préparent minutieusement l'enlèvement d'Alice Creed, une jeune femme de bonne famille, qu'ils ne seront prêts à relâcher qu'en échange d'une rançon de deux millions de livres. Mais il ne suffit pas d'attacher l'otage dans un appartement préparé exprès pour lui ôter la moindre chance de s'évader. Et le respect scrupuleux de chaque étape du plan, élaboré auparavant jusqu'au moindre détail, ne garantit pas non plus son succès. Car entre Alice et ses ravisseurs s'installent d'étranges rapports de dépendance, qui risquent bientôt de faire dérailler la mécanique d'un plan a priori sans faille.
La critique
Par Tootpadu 16/06/2010
C'était compter sans les nombreux ressorts par le biais desquels le scénario malicieux remet périodiquement le compteur de nos certitudes à zéro. La décomposition méthodique du récit, qui s'accompagne en toute logique de la mise en péril du bon déroulement de l'enlèvement, devient peut-être un peu trop prévisible à la longue, précisément parce que J Blakeson nous habitue très vite à des retournements de situation, qui équivalent chaque fois à une redistribution complète des cartes. Prises séparément, ces bifurcations narratives ne se distinguent pas non plus par leur originalité. Intégrées dans un flux qui change certes souvent de direction, mais jamais d'intensité, elles participent cependant à la création d'un ton inquiétant, qui nous laisse invariablement craindre le pire.
La conclusion plus ironique que pessimiste constitue ainsi une note finale tout à fait convenable pour ce huis-clos parfaitement calibré. Le choix de réduire l'action exclusivement au point de vue des trois seuls et uniques personnages de La Disparition d'Alice Creed représente de surcroît un atout indéniable pour l'instauration d'un climat d'oppression. Au sein de ce triangle de manipulateurs et de traîtres, c'est Martin Compston dans le rôle de Danny qui s'avère le plus convaincant, huit ans après sa prestation déjà remarquable dans Sweet sixteen de Ken Loach. En comparaison, l'intensité permanente d'Eddie Marsan et le jeu pas toujours naturel de Gemma Arterton n'apportent guère un niveau supplémentaire de troubles et de doutes, dans cette histoire qui en a déjà plein.
Vu le 15 juin 2010, au Racine Odéon, en VO