Crazy night
Réalisé par Shawn Levy (2010)
| Durée | 88 minutes |
| Sortie | 12/05/2010 |
| Note | 6/10 |
Mariés depuis longtemps, Claire et Phil Foster mènent une existence bien rangée dans le New Jersey. Une fois par semaine, ils commandent une baby-sitter pour leurs deux enfants et sortent en tête-à-tête, toujours au même restaurant. L'annonce de la séparation d'un couple ami les pousse à changer cette routine : Phil emmène Claire à New York dans un restaurant branché. Faute d'avoir réservé, les Foster se font passer pour les Tripplehorn, qui n'ont apparemment pas honoré leur réservation. C'est le début d'une nuit chaotique, au cours de laquelle ce couple si respectable se mettra toute la ville, la police et la pègre confondues, sur le dos.
Les critiques
Par Mulder 04/05/2010
Un couple de la banlieue décide de se rendre à New York dans un grand restaurant et se retrouve embarqué malgré lui dans une sombre histoire de corruption. Les ressorts de cette comédie font que nous passons un moment agréable à suivre ce couple, incarné par des comédiens (Steve Carell et Tina Fey) issus de séries comiques à succès (respectivement « The Office » et « 30 Rock »).
Cependant, on est loin des comédies remettant les ressorts de l'intrigue en jeu, telles Very bad trip ou Tonnerre sous les tropiques. Ce film ne fait qu’ingurgiter à nouveau l'héritage des comédies qui ont bercé notre enfance et qu’en ressortir la moelle intrinsèque. Il se veut presque un décalque de After hours par son unité de temps et de lieu. Les producteurs nous livrent donc une oeuvre aussitôt vue et consommée qu’oubliée. Seuls les fervents partisans de Steve Carell (40 ans toujours puceau) risquent d'y trouver réellement leur compte. Les autres, qui considèrent que ce comédien n'a ni la stature d'un Jim Carrey, ni celle d'un Robert Downey Jr, risquent de suivre ce film d'un œil lointain.
Vu le 22 mars 2010, au Club de l’Etoile, en VO
Par Tootpadu 23/03/2010
C'est l'éternelle histoire de l'homme cherchant à fuire sa condition modeste et qui est réprimandé sévèrement pour un tel élan téméraire qui vit pas sans charme une énième jeunesse dans ce film. Tout va en effet de travers pour les Foster, dès qu'ils sortent du carcan de leur banlieue préservée pour s'amuser parmi les citadins sophistiqués. Pour une fois, leur inventivité les distingue des ploucs qui se trouvent habituellement au centre de ces comédies au propos social conservateur, dont le pendant direct est l'arrivée des personnages soi-disant civilisés dans la cambrousse, encore vue récemment dans Où sont passés les Morgan ? de Marc Lawrence. Néanmoins, la folle nuit que les Foster passent malgré eux sert avant tout, d'un point de vue conjugal, à resserrer les liens du mariage, suite au divorce imminent des Sullivan, un couple aussi pris au piège du train-train quotidien qu'eux. Désormais, Claire et Phil ne s'aventureront plus dans la grande ville, méchante et menaçante, mais l'expérience cathartique leur a permis d'apprécier davantage le conjoint fidèle qu'ils sont l'un pour l'autre.
La suite pratiquement ininterrompue d'événements dangereux ou de situations comiques, sur laquelle le scénario de Crazy night repose, permet de faire oublier la mise en scène tout juste serviable de Shawn Levy. Encore plutôt soigné au cours de l'exposition, son style devient de plus en plus approximatif au fur et à mesure que les Foster sont pris dans l'engrenage de la course à la clé USB compromettante. C'est surtout pendant les séquences d'action que les lacunes de son savoir-faire filmique deviennent évidentes, ce qui confère au film, malgré tout divertissant dans son ensemble, un ton inégal, qui se répercute jusque dans l'interprétation. Tandis que Tina Fey et Steve Carell, ainsi que certains des seconds rôles (Mark Wahlberg, Taraji P. Henson, Mark Ruffalo), s'en sortent convenablement, d'autres, comme William Fichtner, Ray Liotta ou les deux méchants principaux, s'adonnent au contraire à un cabotinage peu convaincant. Ce déséquilibre provient peut-être aussi de la différence sensible, en termes scénaristiques, entre la richesse toute relative des personnages valeureux, et le ton plus grossièrement caricatural pour décrire leurs adversaires.
Vu le 22 mars 2010, au Club de l'Etoile, en VO