Dream
Réalisé par Kim Ki-duk (2010)
| Durée | 95 minutes |
| Sortie | 24/03/2010 |
| Note | 5/10 |
Depuis quelques semaines, Jin fait des rêves dont il se souvient au détail près, une fois réveillé. Après un cauchemar dans lequel il suit son ancienne copine en voiture et crée un accident avec délit de fuite, il est tellement perturbé qu'il se rend sur les lieux du drame. Avec effroi, il doit apprendre que l'accident de son rêve a réellement eu lieu, mais avec la voiture de Ran. La police arrête alors la coupable présumée, qui affirme avoir dormi toute la nuit. Jin se dénonce auprès des forces de l'ordre, mais personne ne veut le croire. Jusqu'à ce qu'il s'avère que Ran fait des crises de somnambulisme depuis que Jin a commencé à rêver de son ex-copine. Tandis que Jin aimerait tant retrouver cette dernière, Ran veut tout faire pour oublier son ex-copain, auprès duquel ses balades nocturnes la poussent contre sa volonté.
La critique
Par Tootpadu 09/02/2010
Dans son nouveau film, cette fêlure incontournable se manifeste à travers le lien onirique qui rapproche contre leur gré les deux personnages principaux. La méthode Kim Ki-duk s'y applique un peu trop schématiquement, à travers un rapport d'inversion entre les deux extrêmes romantiques que Jin et Ran vivent. Le désespoir du premier d'avoir perdu sa copine se mue ainsi par la voie du somnambulisme en le dégoût de la deuxième, de retrouver son copain qu'elle déteste viscéralement.
Le motif du transfert du chagrin d'amour est traité avec peu de finesse et encore moins de clareté. Les dispositifs formels pour amorcer les passages oniriques (le flou pendant la période initiale de sommeil et l'image saccadée pendant les rêves eux-mêmes) font en effet presque pitié de la part d'un réalisateur capable, dans le passé, de prouesses visuelles infiniment plus poétiques. Les virées nocturnes, qui vont crescendo jusqu'au point culminant plutôt prévisible, contribuent avant tout à embrouiller le récit. Les pistes d'interprétation possibles que le réalisateur nous suggère par le biais de deux séquences clés, celle dans le champ de roseaux et celle dans la prison, ne font pas grand-chose pour clarifier le propos du film. Au contraire, elles le poussent davantage vers une confusion et une obscurité peu engageantes.
Au final, Dream est un film qu'il vaudra mieux regarder complètement éveillé. Sa narration laborieuse et la déchéance sans verve de son intrigue, qui nous a au mieux fait penser à la résistance contre le sommeil dans L'Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel, risqueraient sinon de vous faire somnoler, par contre sans la valeur ajoutée de pouvoir téléguider quelqu'un pour exaucer vos rêves.
Vu le 8 février 2010, au Club Publicis, en VO