Contes de l'âge d'or
Réalisé par Ioana Uricaru, Hanno Höffer, Razvan Marculescu, Constantin Popescu (2009)
| Durée | 80 minutes |
| Sortie | 30/12/2009 |
| Note | 6/10 |
Quatre légendes urbaines de "l'âge d'or" de la dictature roumaine, ces quinze dernières années du règne de Ceauşescu, pendant lesquelles seul l'humour permettait à la population malmenée de survivre : la veille du passage du convoi officiel des dignitaires du parti, un petit village est en ébullition, cherchant à satisfaire jusqu'au moindre détail les exigences des fonctionnaires, venus inspecter les lieux des festivités prévues. / Afin de lutter contre l'analphabétisme, un jeune membre du parti se rend dans un village reculé et y oblige toute la population locale à participer à ses cours. / A l'approche de Noël, un policier reçoit d'un parent paysan un porc, qui lui est cependant livré vivant. Comment faire alors pour tuer discrètement cette source de nourriture que tout le voisinage lui envierait ? / Lors de la visite d'état du président français, le photographe du journal du parti doit effectuer in extremis avant le bouclage une retouche lourde de conséquences.
La critique
Par Tootpadu 30/12/2009
L'ancien régime a bien entendu aussi connu son lot d'abérrations. Mais la sélection d'anecdotes à l'origine des Contes de l'âge d'or préserve un ton malicieusement critique, face à ces légendes urbaines sur les dérives du système, qui ont dû rendre le quotidien éprouvant de la population un peu plus gai. Le point commun entre les quatre histoires, c'est qu'elles montrent toutes comment le règlement exigeant du parti n'est guère adapté aux petites failles de la vie réelle en général, et de la nature humaine en particulier. Que ce soient les festivités improvisées et en fin de compte fatales au projet du premier épisode, largement le plus réussi, l'enthousiasme théorique du jeune fonctionnaire qui se heurte au pragmatisme traditionnel des paysans du deuxième, les cachotteries maladroites du policier qui transforment son fils en la risée de ses camarades de classe du troisième, ou bien l'empressement de bien faire qui aboutit au fiasco du dernier, tous ces contes fournissent une preuve anecdotique, mais néanmoins probante, du caractère impraticable du communisme, tel qu'il a été imaginé pendant la deuxième moitié du siècle passé.
Comme souvent dans les collections de courts-métrages de réalisateurs différents, l'ensemble de ces contes s'avère passablement inégal. Initié par la valeur montante du cinéma roumain Cristian Mungiu, le film a toutefois su garder un ton commun entre les épisodes. C'est davantage la qualité et l'ingéniosité des histoires elles-mêmes qui diffère, avec un point d'orgue bien trop tôt pour permettre aux trois anecdotes suivantes de maintenir le rythme et le niveau dramatiques.
Vu le 14 décembre 2009, au Cinéma du Panthéon, en VO