Histoires du coin de la rue

Histoires du coin de la rue
Titre original:Histoires du coin de la rue
Réalisateur:Tezuka Osamu, Yamamoto Eiichi, Sakamoto Yusaku
Sortie:Cinéma
Durée:48 minutes
Date:04 octobre 2006
Note:
Trois courts-métrages écrits ou réalisés par Tezuka Osamu:
Histoires du coin de la rue (38 min) Une petite fille a fait tomber son ourson dans la gouttière de son immeuble, où il ne manque pas d'effrayer une petite souris. Cette dernière s'amuse avec les affiches animées dans sa rue, jusqu'à ce que la guerre interrompe cette idylle.
Autoportrait (1 min) Le visage de Tezuka comme dans un scopitone.
La Sirène (8 min) Un jeune pêcheur tombe amoureux d'une sirène imaginaire que ses parents et les autorités veulent lui faire sortir de la tête.

Critique de Tootpadu

Hayao Miyazaki déplace les foules. Le groupe des admirateurs d'Isao Takahata grandit avec chaque nouvelle sortie tardive. Face à cet engouement assez récent pour l'anime japonais, il convient tout de même de ne pas oublier Tezuka Osamu, le père du manga et de l'anime modernes. Grâce à cette programmation aussi accessible qu'enjouée, nous découvrons une oeuvre à l'imagination exubérante et à la liberté d'expression bluffante.
La pièce maîtresse du programme, Histoires du coin de la rue, est en effet un conte aux idées visuelles magistrales. A partir de quelques éléments d'une histoire rudimentaire, Tezuka et ses collaborateurs font passer en revue tout un éventail de situations et de comportements. Il n'y existe pas vraiment de lien entre l'ourson tombé, la frénésie des souris, l'interaction entre les différentes affiches et l'éclatement de la guerre, mais la liberté et l'expression qui animent chaque dessin garantissent un rythme narratif des plus enlevés. L'humour se voit régulièrement miné par une lucidité mélancolique, qui ne se fait guère d'illusions sur la précarité de la vie et l'imperfection de l'être humain.
Cette humanité éclairée se retrouve également dans La Sirène. D'une facture visuelle encore plus abstraite, mais pas moins éclatante que les Histoires, le destin du jeune homme obligé d'oublier son fantasme met également en question les tendances totalitaires de certaines sociétés et le formatage de la pensée. Enfin, suite à une erreur de projection, nous avons pu voir La Goutte, à la place du très bref Autoportrait. Là encore, la comédie humaine d'un naufragé se déploie avec une ironie jubilatoire et dans un style visuel impressionnant.

Vu le 31 août 2006, au Club Marbeuf, en VO

Note de Tootpadu: