Loup
Réalisé par Nicolas Vanier (2009)
| Durée | 106 minutes |
| Sortie | 09/12/2009 |
| Note | 6/10 |
A l'approche de l'été, l'adolescent Sergueï est nommé gardien de la grande harde de rennes par son père, le chef du clan de Batagaï, du peuple nomade des Evènes en Sibérie orientale. Il partira seul sur les hauts plateaux pour surveiller les quelques trois mille rennes de la tribu. Toujours aux aguets pour chasser les loups qui rôdent autour de la harde, Sergueï découvre par hasard une louve et ses quatre adorables louveteaux cachés dans une petite grotte. Au lieu de les massacrer froidement, comme la tradition de son peuple le lui dicterait, Sergueï observe d'abord de loin ses ennemis héréditaires, avant de se lier d'amitié avec eux.
Les critiques
Par Mulder 08/12/2009
Il serait également intéressant de faire une comparaison entre la façon dont les Evènes et les Amérindiens perçoivent le loup. Comme le montre ce film, le loup est pour les Evènes un simple prédateur qu'il faut tuer afin de protéger l'élevage de rennes. Quand le héros décide de rompre avec cette tradition, il se rapproche de la vision des loups par les Amérindiens. Le loup est en effet pour eux l'esprit de la forêt. Il faut donc le respecter et vivre en harmonie avec lui.
Ce film, qui commence comme un documentaire avant de devenir une fiction, réussit son pari de divertir intelligemment le spectateur tout en lui montrant une autre façon de vivre. J'attendrai donc avec impatience le prochain film de Nicolas Vanier.
Vu le 3 décembre 2009, à la Salle Pathé Lamennais
Par Tootpadu 08/12/2009
Car la faune sauvage se plie toujours avec la même réticence aux exigences de la fiction. Après une dédicace initiale qui a failli nous mener sur la piste trompeuse du documentaire, le réalisateur Nicolas Vanier a opté pour une voie médiane, qui impose un point de vue humain sur les animaux sauvages, mais qui sait en même temps leur préserver une aura difficile à apprivoiser. Les images majestueuses des massifs sibériens et des paysages enneigés traduisent un respect profond pour notre environnement, associé à une démarche ludique propice à la découverte de civilisations différentes de la nôtre et à l'interrogation constructive des règles fixes de la tradition. Le ton du film a beau manquer de vigueur, il ne s'abaisse jamais à infantiliser son public, ni à imposer un comportement humain aux loups en les affublant par exemple d'une voix off, comme ce fut le cas dans un autre conte polaire.
L'aspect du film qui nous a dérangés davantage, c'est l'absence d'une version originale. Le souci de l'authenticité dans la représentation des moeurs du peuple nomade s'est soudainement estompé, lorsqu'il fallait choisir les comédiens. Bien que les interprétations soient convenables, le fait d'entendre constamment les personnages converser dans un français courant, parfois pas très loin du vocabulaire des jeunes, éveille en nous une sensation de familiarité, en contradiction totale avec l'ambition du film, qui serait de nous plonger dans un monde inconnu.
Vu le 3 décembre 2009, à la Salle Pathé Lamennais