Honeymoons

Réalisé par Goran Paskaljevic (2009)

Drame
Honeymoons
Durée 96 minutes
Sortie 23/12/2009
Note 5/10

En Albanie, la jeune Melinda attend le retour improbable de son fiancé, disparu lors d'une tentative de rejoindre l'Italie par bateau, auprès de la famille de celui-ci. Son beau-frère Nik la persuade de le suivre dans son odyssée d'émigration, après un mariage chez son oncle à Tirana. En même temps en Serbie, le violoncelliste Marko et sa femme Vera s'apprêtent à répondre à une invitation d'audition auprès de l'orchestre philharmonique de Vienne. Sur leur chemin, ils font un crochet par le village de Vera, où sa cousine se marie.

La critique

Par Tootpadu 30/12/2009

Le désir de chercher la fortune ailleurs que dans son propre pays, perçu comme inférieur et dépourvu d'opportunités, est à la fois à l'origine des flux d'immigration qui frappent avec une véhémence grandissante aux portes de l'Europe, et de la vague, ininterrompue depuis quelques mois, de films qui se font l'écho de ce fait social. Comme le dit le dicton, ailleurs l'herbe est toujours plus verte, et partir à l'aventure paraît pour bon nombre de jeunes un moindre risque que l'avenir morose qui les attend indubitablement chez eux. Sauf que la conjoncture économique et le taux de chômage invariablement élevé dans les pays riches, associé à une paranoïa sécuritaire générée par les attaques terroristes, rend ces El Dorados imaginaires point aussi accueillants que dans le passé, lors des grands mouvements d'immigration entre les années 1950 et '70.
Le besoin d'acharnement pour rejoindre la terre promise n'est guère moins élevé pour les Européens hors de la communauté que pour les Africains ou les Asiatiques. Le fait d'appartenir à un espace culturel commun peut même inspirer aux jeunes Serbes ou Albanais le leurre que l'entrée sur le territoire et l'intégration seront plus faciles pour eux. Qu'il n'en est rien démontre, hélas un peu mollement, cette co-production entre ces deux pays, réalisée par le chevronné Goran Paskaljevic. La mise en parallèle de deux situations somme toute semblables n'apporte de surcroît rien d'essentiel à l'intrigue. L'interaction entre les deux trajets vers la porte et les bras fermés de l'Italie et de la Hongrie est plutôt minimale. Elle s'apparente plus à une répétition laborieuse, qu'à un enrichissement mutuel.
Enfin, la tendance fâcheuse de mettre en avant l'aspect folklorique de ce que les deux couples fuient, ainsi que la composition récurrente du cadre qui fait apparaître les têtes des personnages comme de grosses poires à l'avant-plan, rendent ces lunes de miel guère attrayantes.

Vu le 19 novembre 2009, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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