Trésor
Réalisé par Claude Berri, François Dupeyron (2009)
| Durée | 85 minutes |
| Sortie | 11/11/2009 |
| Note | 4/10 |
Pour leur quatrième anniversaire de mariage, Jean-Pierre offre à sa femme Nathalie un jeune bulldog anglais. Dès le premier soir, ce cadeau original mettra la vie de couple à rude épreuve, puisque l'attitude autoritaire de Jean-Pierre est à l'opposé de l'affection que sa femme porte au chiot. Toutes ses tentatives de se débarrasser de ce nouveau membre encombrant de la famille, que Nathalie appelle affectueusement Trésor, s'avèrent infructueuses. Bientôt une question cruciale se posera à Jean-Pierre : supporter les lubies de sa femme et la jalousie envers ce chien chouchouté ou bien partir ?
La critique
Par Tootpadu 19/10/2009
Une dernière fois, Claude Berri paraît vouloir se dresser en observateur espiègle des dérives de notre société, où l'obsession avec un clébard prend plus d'importance que la pérennité d'une relation romantique. Les stades d'humiliation par lesquels l'homme doit passer pour satisfaire le comportement névrotique de sa femme sont multiples, mais pas forcément amusants, ni crédibles. L'intrigue rudimentaire de Trésor perpétue ainsi mollement le rôle établi des hommes et des femmes, plutôt que de dynamiser ne serait-ce qu'un tout petit peu le carcan d'une bourgeoisie blasée, dans lequel Claude Berri aime tant s'enfermer. Nous n'échappons alors pas plus aux sempiternels rendez-vous chez le psy, pour animaux cette fois-ci - un rôle auquel Fanny Ardant apporte sa douceur habituelle -, qu'aux scènes de ménage artificielles et redondantes. Bien que le comportement de Nathalie puisse paraître excessive, c'est surtout la passivité soumise et patiente de Jean-Pierre qui dénote désagréablement. Son attitude indécise n'est point rachetée par un revirement final, qui contredit en quelque sorte toute la réticence avec laquelle ce personnage plutôt terne nous avait accablé jusque là.
Quant à la participation de François Dupeyron, qui avait assisté Claude Berri pendant la première semaine de tournage et qui avait repris le flambeau à la suite de son décès, elle reste au mieux anecdotique. Parfois capable de conférer une humanité attachante à ses personnages, Dupeyron reste par contre parfaitement fidèle ici au ton narquois de Berri, qui impose donc sa marque assez déplaisante par-dessus la tombe.
Vu le 19 octobre 2009, à la Salle Pathé Lamennais