Ultimate game
Réalisé par Mark Neveldine, Brian Taylor (2009)
| Durée | 95 minutes |
| Sortie | 09/09/2009 |
| Note | 5/10 |
Dans un futur proche, le nouveau jeu interactif "Tueurs" rencontre un immense succès à travers la planète. Conçu par l'informaticien milliardaire Ken Castle, déjà à l'origine de "Société" où les joueurs pouvaient s'adonner à toutes sortes de fantasmes par acteurs interposés, le nouveau divertissement consiste en des combats sanglants entre des prisonniers condamnés à mort. Alors que la plupart des participants se font massacrer au bout d'une poignée de duels, le gladiateur des temps modernes Kable n'est plus qu'à trois victoires du chiffre fatidique des trente jeux remportés, qui correspondra à sa libération. Guidé par Simon, un adolescent surdoué, Kable espère y parvenir, afin de retrouver sa femme et sa fille. Mais les opérations de sabotage du groupuscule résistant Humanz et les intérêts commerciaux de Castle rendent sa survie peu probable.
Les critiques
Par Mulder 04/08/2009
Leur second film est donc un concentré de films d'action comme nous pouvions en voir souvent à la fin des années 1980 et nous rappelle fortement Le Prix du danger (film français avec Gérard Lanvin) et Running man avec Arnold Schwarzenegger. Ce film peut aussi être vu comme la vraie adaptation du jeu vidéo "Doom" (le film s'inspirant de ce jeu n'en reprenait pas le concept dans sa façon de montrer les scènes de combat). Certes, beaucoup de critiques, comme Tootpadu, risquent de ne pas apprécier ce film d'action à sa juste valeur. Mais on doit bien reconnaître le jeu très inspiré de Michael C. Hall ("Dexter"), Zoe Bell et Alison Lohman, que j'avais adoré dans Jusqu'en enfer. On retiendra ainsi deux moments très forts dans ce film : la scène où Kable arrive à se sauver hors des scènes de combats et celle où Michael C. Hall reprend d'une façon très inspirée la chanson "I've got you under my skin".
La grande force de ce film, c'est qu'il est un pur moment d'adrénaline, où les scènes de tuerie sont montrées sans aucune censure et nous rappellent par moments la scène du débarquement en Normandie du film de Steven Spielbeg, Il faut sauver le soldat Ryan. Ainsi, si vous recherchez un film d'action réussi, qui nous montre en même temps une vision très négative de notre futur, tellement réaliste au vu de la dérive de programmes de télé-réalité de certaines chaînes, ce film s'impose comme un des films à découvrir d'urgence. Voilà du cinéma sans concession, qui tache réellement et qui nous montre qu'il y a encore des réalisateurs américains assez dingues pour nous livrer des films d'action puissants, exaltants et jouissifs. J'attends avec une réelle impatience Crank 2, qui s'annonce encore plus dépravé que le premier opus.
Vu le 21 juillet 2009, au Club de l'Etoile, en VO
Par Tootpadu 22/07/2009
Hélas, la troisième réalisation du tandem Neveldine/Taylor s'apparente surtout à Rollerball version 2002, avec tout ce que cela implique en termes de lacunes nauséabondes dans pratiquement tous les domaines. A commencer par l'aspect visuel, qui traduit la prémisse du jeu virtuel par une esthétique du clip permanent, mille fois plus déroutante, laide et impossible à suivre que tout ce que Michael Bay a déjà pu commettre comme atrocité filmique ! Bien sûr, l'explosion accablante des tics formels a pour seule finalité d'épater les spectateurs les moins exigeants du point de vue de la consistance esthétique et de la logique scénaristique d'un film. Car toute cette agitation survoltée et péniblement creuse ne se met nullement au service de l'avancement de l'intrigue. Même les écarts tellement aberrants qu'ils deviennent presque intéressants, tel la séquence verte dans Rollerball de John McTiernan, se font excessivement rares. Seulment quand le méchant Castle se met tout d'un coup à chanter et danser sur du Sammy Davis Jr., le crétinisme formel du film trouve un équivalent fugace d'imprévisibilité scénaristique pas entièrement déplaisante.
Pour le reste, la distribution très éclectique est gâchée sans état d'âme dans un festin de nihilisme répugnant. Si au moins l'action évoluait autour d'un semblant de cohérence scénaristique, c'est-à-dire le déroulement à peu près logique et organique d'une histoire pas entièrement dépourvue d'enjeux, nous aurions peut-être pu trouver un intérêt quelconque à Ultimate game. Mais dans l'état, cette bouse filmique, d'une violence physique gratuite au moins aussi néfaste que son pendant esthétique, ne nous inspire que du dégoût !
Vu le 21 juillet 2009, au Club de l'Etoile, en VO