Fish tank
Réalisé par Andrea Arnold (2009)
Drame d'adolescents
| Durée | 122 minutes |
| Sortie | 16/09/2009 |
| Note | 5/10 |
Mia est une adolescente irascible, qui n'arrête pas de s'engueuler avec sa mère et sa petite soeur Tyler, ni d'être renvoyée de l'école. Elle ne vit que pour la danse, qu'elle pratique seule dans un appartement vacant de sa cité. L'annonce dans un cybercafé pour une audition lui donne des ailes. Elle est encouragée par Connor, le nouveau copain de sa mère, avec lequel elle s'entend de mieux en mieux.
La critique
Par Tootpadu 22/07/2009
Les choix du jury du dernier festival de Cannes continuent de nous étonner. Comme son compagnon du prix du jury, Thirst Ceci est mon sang de Park Chan-wook, le deuxième film de la réalisatrice anglaise Andrea Arnold peine à nous enthousiasmer. Plutôt convaincant au milieu, son portrait d'une adolescence difficile se montre moins pertinent au début et à la fin. Ce sont les décisions déraisonnables du personnage principal qui rendent Fish tank aussi difficilement accessible. Et juste au moment où nous avons pu générer un peu de sympathie pour cette jeune fille, rebelle contre tout et rien, le scénario l'amène vers la confirmation triviale de la naïveté de ses espoirs.
Le mouvement cyclique du rythme du film nous réserve ainsi autant d'instants d'un érotisme scintillant en dépit de sa maladresse, que d'affrontements verbaux stériles. L'entêtement de Mia est à l'origine de ces deux extrêmes opposés de la prise du plaisir et de l'agacement. Elle n'hésite pas à retourner aux endroits qui lui étaient préjudiciables (le terrain vague avec la jument, la maison de Connor) et elle n'évite guère les avances sournoises du copain de sa mère. Son action n'est pas guidée par une ambition notable, mais simplement par la réaction presque instinctive à la nature misérable de son existence en général, et de son foyer en particulier. A ce sujet, Andrea Arnold n'atteint jamais le degré de véracité sociale, qui caractérise les meilleurs films de Ken Loach.
En même temps, nous pouvons affirmer avec certitude que l'accusation de la précarité sociale d'une partie de la population anglaise ne compte pas parmi les intentions prioritaires de la réalisatrice. Pour cela, son récit se prête bien trop régulièrement à des escapades poétiques, dont l'utilité reste discutable. Néanmoins, Fish tank ne prend pas non plus la voie d'une sublimation des peines de l'adolescence, comme a pu le faire My Summer of Love de Pawel Pawlikovsky. A vrai dire, il ne devient jamais tout à fait clair où Arnold veut en venir avec son film, les scènes de séduction qui bénéficient grandement du charme de Michael Fassbender mises à part.
Quitte à passer pour des puristes, nous ne pouvons nous empêcher de signaler le drôle de format dans lequel ce film fut projeté. Après l'introduction du distributeur en écran large, l'image est en effet subitement passée à un rapport sensiblement plus carré. Puisque les désagréments de ce genre sont extrêmement rares au Club de l'Etoile, contrairement à d'autres salles de projection, nous supposons que ce cadre assez suffocant a été voulu par la réalisatrice pour enfermer encore un peu plus sa héroïne antipathique et pourtant attachante, en même temps que le spectateur.
Le mouvement cyclique du rythme du film nous réserve ainsi autant d'instants d'un érotisme scintillant en dépit de sa maladresse, que d'affrontements verbaux stériles. L'entêtement de Mia est à l'origine de ces deux extrêmes opposés de la prise du plaisir et de l'agacement. Elle n'hésite pas à retourner aux endroits qui lui étaient préjudiciables (le terrain vague avec la jument, la maison de Connor) et elle n'évite guère les avances sournoises du copain de sa mère. Son action n'est pas guidée par une ambition notable, mais simplement par la réaction presque instinctive à la nature misérable de son existence en général, et de son foyer en particulier. A ce sujet, Andrea Arnold n'atteint jamais le degré de véracité sociale, qui caractérise les meilleurs films de Ken Loach.
En même temps, nous pouvons affirmer avec certitude que l'accusation de la précarité sociale d'une partie de la population anglaise ne compte pas parmi les intentions prioritaires de la réalisatrice. Pour cela, son récit se prête bien trop régulièrement à des escapades poétiques, dont l'utilité reste discutable. Néanmoins, Fish tank ne prend pas non plus la voie d'une sublimation des peines de l'adolescence, comme a pu le faire My Summer of Love de Pawel Pawlikovsky. A vrai dire, il ne devient jamais tout à fait clair où Arnold veut en venir avec son film, les scènes de séduction qui bénéficient grandement du charme de Michael Fassbender mises à part.
Quitte à passer pour des puristes, nous ne pouvons nous empêcher de signaler le drôle de format dans lequel ce film fut projeté. Après l'introduction du distributeur en écran large, l'image est en effet subitement passée à un rapport sensiblement plus carré. Puisque les désagréments de ce genre sont extrêmement rares au Club de l'Etoile, contrairement à d'autres salles de projection, nous supposons que ce cadre assez suffocant a été voulu par la réalisatrice pour enfermer encore un peu plus sa héroïne antipathique et pourtant attachante, en même temps que le spectateur.
Vu le 21 juillet 2009, au Club de l'Etoile, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10