Cinéma, aspirines et vautours
Réalisé par Marcelo Gomes (2006)
| Durée | 101 minutes |
| Sortie | 19/04/2006 |
| Note | 6/10 |
En 1942, le Brésil qui était longtemps resté neutre, commence à s'engager auprès des Etats-Unis dans la Deuxième guerre mondiale. Johann, un Allemand qui avait fui son pays pour ne pas être enrôlé, parcourt les étendues désertes du nord-est afin d'y vendre un nouveau médicament miracle, l'aspirine. Sur la route, il rencontre Ranulpho qui rêve de faire sa vie à Rio de Janeiro. Ensemble, les deux hommes devront se rendre compte qu'ils ne pourront pas échapper au conflit armé, même dans le territoire le plus reculé du Brésil.
La critique
Par Tootpadu 14/03/2006
Cette attitude patiente et pas du tout spectaculaire de la narration trouve un symbole très adroit dès le premier plan du film, après les éternelles mentions des organismes financiers ayant participé à la production, apparemment d'usage au Brésil. L'image complètement surexposée, telle la première expérience visuelle d'un nouveau-né, nous laisse très progressivement découvrir le paysage désolé, depuis à peu près le point de vue de Johann, conduisant son vieux camion de marchand itinérant. Ce dispositif est encore répété une ou deux fois plus tard dans le film, mais sa signification s'accomplit déjà ici. Il faut du temps pour habituer l'oeil, et plus abstraitement nous-mêmes, avant de pouvoir distinguer et reconnaître, avant de retrouver sa place dans le monde. Le récit sans fracas (à deux, trois instants curieusement montés près) de ce film beau et simple nous rappelle au fond l'importance d'accomplir son destin, mais également de savoir profiter de la vie en vivant dans l'instant présent. Ce ne sont sans doute pas là des messages d'une grande originalité, mais la façon calme avec laquelle Marcelo Gomes nous les rappelle n'est point sans charme.
Vu le 13 mars 2006, au Club de l'Etoile, en VO