Simon Konianski
Réalisé par Micha Wald (2009)
| Durée | 98 minutes |
| Sortie | 29/07/2009 |
| Note | 6/10 |
A 35 ans, Simon Konianski aurait pu rêver mieux que de devoir emménager chez son père Ernest, un ancien déporté, après s'être fait larguer par sa compagne Corazon, la mère de son fils Hadrien. Alors qu'Ernest tente par tous les moyens de pousser son fils à trouver un travail et une femme juive, comme lui, ce dernier se fait un malin plaisir d'exaspérer le vieil homme et sa famille, toujours traumatisés par la persécution nazie qu'ils ont subie en Pologne soixante ans plus tôt. Mais lorsqu'Ernest meurt tout à coup, Simon emmène son corps, ainsi que son oncle Maurice et sa tante Mala, de la Belgique jusqu'en Ukraine, où son père voulait être enterré.
La critique
Par Tootpadu 30/06/2009
Avec beaucoup de fraîcheur, l'intrigue procède à une décomposition habile du souvenir, qui subit une mise à jour sincère et presque jubilatoire. La raillerie des vieux schnocks, de véritables caricatures de la vieille garde des survivants de l'extermination, fonctionne aussi bien, parce qu'elle est le fruit d'un élan de rébellion de la génération suivante, celle qui porte presque plus de séquelles mentales que ses aînés, en raison d'un transfert de traumatisme dès l'enfance. L'antagonisme névrosé de Simon par rapport à son père n'implique cependant pas un rejet total de l'héritage juif. Juste une mise au point raisonnée, doublée d'une volonté d'adaptation à un style de vie laïque, qui sera interrogée à son tour par le petit-fils, moins complexé mais pas forcément moins paumé que son père.
La narration de Micha Wald orchestre avec adresse ce monde un peu fou et décidément divertissant. L'élégance de sa mise en scène ne se heurte qu'à la récurrence d'un détail fantastique gênant, sous forme de l'apparition du père défunt qui tente de raisonner son fils. Ce dispositif dénature encore plus un récit, sinon agréablement naturel et désarmant, que le ton subjectif qu'il adopte de temps en temps.
Vu le 29 juin 2009, au Club Marbeuf