Différence c'est que c'est pas pareil (La)

Réalisé par Pascal Laëthier (2009)

Comédie
Différence c'est que c'est pas pareil (La)
Durée 89 minutes
Sortie 20/05/2009
Note 6/10

Sylvain a pris la fuite il y a une quinzaine d'années, face à ses responsabilités paternelles. Il s'est depuis installé au Canada, où il vit avec sa deuxième femme Diane, tout en poursuivant une carrière prolifique d'écrivain. Sa fille Agnès souhaite néanmoins qu'il assiste au baptême de son bébé et l'invite, sans en dire un mot à ses deux soeurs Claire et Lise, son frère Gabriel, et sa mère. Le retour du père si longtemps absent crée alors des remous au sein d'une famille, qui s'était très bien débrouillée sans lui jusque-là.

La critique

Par Tootpadu 22/04/2009

Des familles dysfonctionnelles, nous en voyons à la pelle chaque année au cinéma. Celle que Pascal Laëthier accompagne pendant un week-end modérément mouvementé se distingue par son pragmatisme et sa nonchalance plutôt sympathiques. D'emblée, l'attitude grognonne de François Berléand paraît pour une fois être à sa place, puisqu'elle colle parfaitement à son rôle d'un père indigne, qui se laisse persuader d'aller revoir ses enfants. Cette rébellion douce se poursuit à travers les autres personnages, qui gagnent rapidement en personnalité grâce aux traits d'écriture aussi précis que naturels.
La mise en scène convenable n'a en effet aucun mérite dans la réussite relative du film. C'est surtout le scénario inventif, juste et sans prétention démesurée, qui fait avancer l'intrigue à un rythme sans précipitation. D'abord, en préservant le naturel de personnages, qui auraient facilement pu dégénérer en de vilaines caricatures de la lesbienne, de la jeune nymphomane, ou de l'hystérique tiraillée entre l'instinct maternel et un dernier sursaut d'indépendance féminine. Ensuite, par le biais d'une intrigue vive et diversifiée, qui exploite les antagonismes entre les générations et les sexes sans jamais forcer le trait. Sérieux et moqueur à la fois, le scénario ne décrit pas la réunion familiale comme un fiasco, qui irait crescendo jusqu'au règlement de compte ultime. L'écriture de Pascal Laëthier, Sandrine Martin et Guillaume Adler affiche davantage un recul salutaire, qui remplace la tentation de la vanne facile par une compréhension remarquablement lucide de la condition humaine, avec ses qualités et ses défauts.
A première vue, la distribution ne paie pas de mine. Mais finalement, chaque interprétation convient parfaitement au rôle nullement préétabli que chacun des personnages joue dans cette farandole familiale légère et amusante.

Vu le 21 avril 2009, au Club Marbeuf

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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