Situation amoureuse : c'est compliqué

Réalisé par Rodolphe Lauga, Manu Payet (2014)

Comédie romantique
Situation amoureuse : c'est compliqué
Durée 99 minutes
Sortie 19/03/2014
Note 5/10

Ben doit bientôt épouser Juliette, la femme qui partage sa vie depuis trois ans. Les préparatifs du mariage ne l’enthousiasment guère. Et il pense carrément à changer d’avis lorsqu’il apprend que Vanessa, le fantasme de ses malheureuses années de collège, revient s’installer à Paris. Ben y voit la dernière occasion pour tenter de la séduire, elle, la plus belle fille et le seul coup de foudre de sa jeunesse qui l’avait pourtant royalement ignoré à l’époque. Contre toute attente, le courant passe cette fois-ci, ce qui met le fiancé face à un dilemme inextricable.

La critique

Par Tootpadu 26/02/2014

Trois parenthèses musicales suffisent pour indiquer la direction assez sinistre vers laquelle se dirige le premier film de Manu Payet et Rodolphe Lauga. D’abord, un bref flash mob qui exprime de façon enjouée le bonheur que le personnage principal éprouve, après que la femme de ses rêves lui a exprimé son affection. Puis, la concrétisation de ce coup de foudre différé d’une quinzaine d’années, lorsque les deux amoureux échangent un baiser pendant un slow, dont le détail qui fâche est l’omniprésence de couples masculins qui les entourent, sans que la mise en scène ne tire un quelconque profit de cet érotisme homo par défaut et non par choix. Enfin, la musique pesante qui accompagne la vidéo que Ben a tournée afin de regagner les faveurs de celle qui est réellement la femme de sa vie. De quoi résumer la ligne moralisatrice d’une comédie romantique, qui nous paraît bien trop sage et frileuse pour proposer une vision tant soit peu décalée de l’amour.

L’éternel choix cornélien entre la passion et la responsabilité est conjugué sur un ton guère transcendant dans Situation amoureuse : c’est compliqué. Les histoires de cœur du stéréotype du trentenaire introverti, qui n’a toujours pas fait le deuil de ses échecs amoureux pendant la puberté, y sont étalées, sans que cette litanie des frustrations de la libido ou du cœur ne provoque un déclenchement d’humour charmant ou potache. En effet, le protagoniste n’est point confronté à l’incompatibilité entre l’assouvissement de ses désirs sexuels et celui de ses rêves romantiques, qui ressemblent de toute façon davantage à des cauchemars comme l’indiquent les flashs mentaux assez maladroits. Son problème, c’est que deux femmes sublimes s’offrent à lui, qui ont de surcroît une vision similaire du couple, alors que ce pantouflard indigne n’en mériterait aucune.

En somme, ni le scénario, ni la mise en scène tout juste serviable ne réussissent à insuffler un minimum d’originalité ou d’audace morale à un récit, qui devient de plus en plus laborieux, au fur et à mesure que Ben s’engouffre dans ses mensonges. Pareille guimauve inoffensive a beau être en accord avec les règles basiques de la comédie romantique à la française, elle n’aura aucune chance de nous réconcilier avec un genre trop étroitement attaché aux mêmes poncifs surannés, peu importe l’évolution des mentalités.

 

Vu le 24 février 2014, au Club Marbeuf

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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