Ronde de nuit

Ronde de nuit
Titre original:Ronde de nuit
Réalisateur:Edgardo Cozarinsky
Sortie:Cinéma
Durée:83 minutes
Date:15 février 2006
Note:
A Buenos Aires, la nuit, les pauvres fouillent les poubelles, les beaux garçons se prostituent et le trafic de drogues fleurit. Alors que le jeune Victor gagne beaucoup plus d'argent en revendant la poudre blanche qu'en tirant des coups dans les voitures, il ne veut pas abandonner son existence de fantasme sexuel.

Critique de Tootpadu

Les événements inattendus prennent une place prépondérante dans ce récit d'une nuit ordinaire par le réalisateur de Dans le rouge du couchant. Dans une misère économique et affective théoriquement plombante, ces revirements de l'ordre du rêve ou de l'originalité désinvolte confèrent une vivacité insoupçonnée au film. Les éléments attrayants sont en effet rares dans un univers dominé par la prostituion, la drogue et la pauvreté la plus crue. Il aurait ainsi été très facile de conter ce parcours nocturne à travers toutes sortes d'activités sexuelles et illégales comme un poème glauque et déprimant. Alors qu'une certaine noirceur existe évidemment dans la vie de Victor, le côté onirique et presque irréel de ses rencontres improbables lui rend une allure gracieuse suffisamment forte pour la mettre à l'abri des clichés les plus usés.
Le film précédent d'Edgardo Cozarinsky ressemblait à un état d'âme, déchiré quelque part entre l'Argentine et la France. Et même si ses retrouvailles avec son pays natal ne sont pas aussi désarmantes que le retour en Colombie par le personnage de l'écrivain dans La Vierge des tueurs de Barbet Schroeder, le réalisateur dispose d'un regard très aigu sur la nouvelle réalité urbaine de Buenos Aires. Aucune complaisance n'est ainsi sollicitée pour atténuer l'impression d'un modernisme froid et inhumain qui émane de chaque décor de la métropole. Le luxe factice des privilégiés y entre constamment en collision avec les manifestations les plus basiques d'une pauvreté extrême, deux mondes dans lesquels le personnage principal se meut avec autant d'aisance que de nonchalance.

Vu le 6 février 2006, au Club Marbeuf, en VO

Note de Tootpadu: