Passer l'hiver

Réalisé par Aurélia Barbet (2014)

Drame
Passer l'hiver
Durée 76 minutes
Sortie 15/01/2014
Note 6/10

La mère de Claire va bientôt mourir. Alors que son frère s’apprête déjà à vendre la maison de son enfance, Claire ne sait pas comment affronter cette séparation imminente et cela d’autant moins qu’elle vit coupée du monde depuis huit ans. Au travail dans une station-service le soir du réveillon avec sa jeune collègue Martine, elle cède aux avances d’un client qui lui propose de l’emmener voir la mer. Après cette nuit festive, elle décide de rester quelques jours dans un hôtel sur la côte atlantique. En même temps, Martine récupère sa voiture et ses effets personnels, tout en s’inquiétant pour celle qu’elle considère comme une amie.

La critique

Par Tootpadu 07/01/2014

Côté météo, cet hiver-ci se montre plutôt clément jusqu’à présent. L’état d’esprit un peu morose, typique pour la saison, est pourtant bien présent, avec ses journées courtes, ses petites maladies tenaces et l’attente encore longue de l’arrivée du printemps. Ce premier film s’intègre parfaitement dans l’ambiance du mois de janvier, et pas seulement parce que son action a lieu quelques jours à peine avant la date de sa sortie. Plutôt que de nous déprimer davantage, il procède à un portrait de femmes tout en finesse, délicat comme le maquillage que le personnage principal s’applique dans le premier plan. Il ne s’y passe aucun incident majeur. Et pourtant, la réalisatrice Aurélia Barbet réussit un ton à fleur de peau, concis mais saisissant.

La parole n’est pas le principal vecteur de communication dans Passer l’hiver. Celle-ci tend plutôt à passer par des regards, langoureux ou empreints d’une mélancolie dont le sens caché ne se manifeste que lors du monologue poignant sur le tsunami. En fait, il n’existe aucun repère particulièrement concret à partir duquel nous pourrions acquérir de la certitude quant aux motivations des personnages. Néanmoins, ce vague à l’âme généralisé ne règne point librement, puisque le sens visuel très aigu de la mise en scène nous épargne tout dérapage vers l’ennui.

A la fois d’une envergure modeste et d’une assurance formelle certaine, le premier film de Aurélia Barbet nous donne l’espoir qu’une nouvelle génération du cinéma au féminin est en train de se mettre en place en France. Le regard très juste sur les rapports humains, sans fioriture, ni effet dramatique excessif, en fait en tous les cas une petite surprise fort agréable dans le contexte d’une cinématographie nationale très variée, qui peine hélas à trouver son public, écartelée qu’elle est entre les grosses productions prestigieuses et les drames intimistes comme celui-ci.

 

Vu le 7 janvier 2014, à la Salle Pathé Lincoln

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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