Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Le)

Réalisé par Felix Herngren (2014)

Satire
Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Le)
Durée 114 minutes
Sortie 28/05/2014
Note 5/10

Parce que le renard a tué son chat Molotov, l’être le plus cher qu’il a au monde, le vieux Allan Karlsson lui tend un piège à l’explosif. Cet acte de vengeance vaut au vieillard un ticket sans retour en maison de retraite. Il est censé y célébrer son centième anniversaire. Mais Allan préfère fuguer et continuer son exploration du monde, de la même façon désinvolte qu’il l’a fait pendant toute sa vie. Par hasard en possession d’une valise pleine d’argent, il poursuit donc son périple, qui l’avait autrefois emmené en Espagne, en Russie et aux Etats-Unis, où il avait croisé les personnalités les plus importantes de son époque.

La critique

Par Tootpadu 10/06/2014

Forrest Gump a désormais un cousin suédois. Comme le personnage emblématique du film de Robert Zemeckis, qui traversait le XXème siècle avec un stoïcisme réservé aux cons, celui au centre de cette épopée sarcastique ne se laisse point impressionner par l’ampleur des événements qu’il déclenche malgré lui. En fait, la seule différence notable qui distingue les deux films est le moteur à l’origine de l’action des deux héros atypiques, le crétinisme naïf du côté américain et l’envie de faire sauter tout et n’importe quoi du côté suédois. Tandis que c’est manifestement de l’intelligence qui manque à Forrest, Allan a seulement dû faire sans ses attributs de virilité au cours d’une vie déjà assez mouvementée, même en l’absence d’aventures romantiques aussi farfelues que ses rencontres inopinées.

Après, Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ne s’avère guère plus palpitant que Forrest Gump. L’alternance incessante entre le présent – un vol par inadvertance qui tourne au grand complot international – et le passé – la biographie de Allan contée en voix off – garantit certes un degré passable de divertissement au film, mais cette forme plutôt convenue du récit n’éveille pas outre mesure notre intérêt pour cette vie fictive abondamment remplie. L’impassibilité du personnage principal ne rend nullement aisé l’implication dans son parcours romanesque. Celui-ci avait sans doute su intriguer sous sa forme littéraire, mais en tant que film, il s’apparente trop à un enchaînement d’épisodes sans gravité, ni suite assez soutenue pour en tirer une quelconque morale édifiante. Si Allan est arrivé jusqu’à l’âge vénérable de cent ans, ce n’est pas parce qu’il a adopté un style de vie sain et équilibré, mais parce qu’il a su passer entre les gouttes d’une pluie vitale truffée d’explosions et d’alcools de tout genre.

Alors que les effets spéciaux du film de Felix Herngren ne sont guère plus prodigieux que ceux d’il y a vingt ans, c’est surtout du côté du ton que cette chronique-ci a su nous intriguer davantage. A l’optimisme benêt de Gump répond ici une drôle de sagesse de vieillard. Habitué à la mort qui rôde autour de lui sous toutes ses formes, Allan ne s’étonne plus de rien. A sa façon caustique, il transmet un certain goût pour la vie, qu’il faudrait donc apprécier, même si des gens vous hurlent dessus et si les petits plaisirs se résument à quelques verres de vodka ou de tequila et à des explosions tonitruantes. Ce constat philosophique n’a rien d’original et ne changera nullement notre point de vue sur l’existence, d’autant moins que formellement parlant ce film n’a strictement rien d’exceptionnel. Il est toutefois moins frustrant que le conte de la bêtise absolue qu’est pour nous Forrest Gump, qui se soumettait trop à la simplicité d’esprit de son protagoniste.

 

Vu le 9 juin 2014, à l’UGC Ciné Cité La Défense, Salle 5, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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