Fenêtre (La)
Réalisé par Carlos Sorin (2009)
| Durée | 77 minutes |
| Sortie | 03/06/2009 |
| Note | 6/10 |
Le vieux Don Antonio se remet doucement d'une crise cardiaque sur son hacienda San Juan, au nord de la Patagonie. Il voudrait cependant que tout soit parfait le jour de la visite de son fils Pablo, parti il y a longtemps en Europe pour y poursuivre une carrière de pianiste. Don Antonio a engagé exprès un accordeur de piano, au cas où Pablo aimerait s'exercer sur l'instrument de son enfance. L'agitation généralisée dans la maison, entre la visite du médecin et les préparatifs pour l'arrivée du fils prodigue le soir, donnent l'espoir à Don Antonio de pouvoir se lever de son lit de malade pour l'accueillir dignement.
La critique
Par Tootpadu 15/04/2009
Mais l'excursion inopinée se solde pour le vieillard par un rappel sévère à son état de décrépitude physique, qui s'accompagnera dès lors d'une extinction progressive de ses capacités mentales. Cet ultime bras d'honneur au destin et à la condition humaine, Don Antonio l'accomplit avant tout pour lui-même, pour fouler une dernière fois cette belle terre, qu'il convoite tous les jours avec les yeux depuis son lit. Il ne se fait pas d'illusions sur son rétablissement, mais il préfère cacher cette résignation du mourant à ses proches.
A nous entendre résumer l'intrigue de La Fenêtre, on pourrait croire qu'il s'agit d'un film morbide. Ce n'est nullement le cas, puisque le réalisateur Carlos Sorin saisit parfaitement l'envie de vivre une dernière journée mémorable de son personnage principal. L'approche de la mort n'y est point dramatisée en termes nostalgiques. L'absence d'évocations de souvenirs ou de reconnaissances de manquements de la part de Don Antonio est assez notable. C'est la sérénité qui prend le dessus sur un chantage sentimental convenu. Ainsi, la narration de Carlos Sorin ne provoque pas de larmes, mais quelque chose de plus profond et durable : le respect envers un homme au crépuscule de sa vie.
Vu le 15 avril 2009, à la Salle Pathé Lincoln, en VO