Bonheur d'Emma (Le)

Réalisé par Sven Taddicken (2007)

Drame
Bonheur d'Emma (Le)
Durée 103 minutes
Sortie 13/06/2007
Note 5/10

Emma vit recluse et seule sur la petite ferme que son grand-père lui a laissée. A l'écart du village, elle se préoccupe plus du sort de ses bêtes que des avances du policier local maladroit. Quelques kilomètres plus loin, Max apprend qu'il est atteint d'un cancer en phase terminale. Paniqué, il prend la fuite pour passer les derniers jours de sa vie au Mexique. Sauf qu'un accident de voiture le fait atterrir non pas dans une destination exotique, mais devant la maison d'Emma, qui est ravie de cette visite masculine inespérée.

La critique

Par Tootpadu 13/04/2007

La vieille histoire de la fille sauvage et innocente qui découvre les plaisirs de la chair et l'amour grâce à l'intervention d'un étranger trouve une nouvelle déclinaison plaisante, mais pas vraiment exceptionnelle, dans ce film allemand. Le schéma conventionnel de l'éclosion progressive des sentiments bride en effet une intrigue pas non plus dotée d'une imagination débordante dans ses actions secondaires. Le lent déclin physique de Max reste ainsi fidèle aux tragédies du cancer, peu importe l'humanité et la sincérité qui le caractérisent. Ce qui avait démarré comme une variation plus légère du dispositif de Misery se termine alors avec une gravité qui supplante définitivement les quelques éclats comiques précédents.
Néanmoins, l'impact émotionnel du film est avant tout muselé par une mise en scène généralement sobre, mais à laquelle il manque une approche assez originale pour rendre son récit particulier. Même si les écarts formels sont rares (l'accident au ralenti et le point de vue de l'évier), le style de Sven Taddicken reste trop discret et trop quelconque pour canaliser avec force et conviction un scénario qui a tendance à partir dans tous les sens à la fois. Entre le côté plouc des habitants du village, l'apparence négligée d'Emma, l'agonie de Max et l'amour intensif qui réunit ces deux êtres mal assortis, le récit se perd quelque peu dans une gentillesse consensuelle.
Séduisant surtout pour son humanité et sa simplicité, le film réussit avec moins d'adresse l'acte d'acrobatie narrative précaire entre une mort certaine et un cadre fait d'insouciance et d'air frais.

Vu le 12 avril 2007, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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