Trahison
Réalisé par Jeffrey Nachmanoff (2009)
Action
| Durée | 114 minutes |
| Sortie | 04/02/2009 |
| Note | 6/10 |
L'Américain né au Soudan Samir Horn est arrêté par la police yéménite, alors qu'il était sur le point de vendre des détonateurs aux membres d'un groupe terroriste. En prison, l'agent du FBI Roy Clayton lui propose de coopérer avec les Américains, ce que Horn refuse. Il se joint à Omar, une des têtes du groupuscule terroriste de la région, et le suit, une fois évadé de prison, en Europe pour préparer d'autres attentats.
La critique
Par Tootpadu 04/02/2009
A chaque époque ses méchants de service, qui tiennent en haleine les bons et valeureux Américains. Ce film fascinant se fait l'instrument volontaire d'une propagande, qui n'était sans doute point plus subtile ou objective du temps de la Guerre froide. Pourtant, ce qui le distingue positivement, c'est son empressement de présenter une image valorisante, toutes proportions gardées dans le cadre d'une production commerciale américaine, de l'Islam. En dépit de l'obligation de trahir tôt ou tard l'ambiguïté morale du protagoniste, le scénario s'évertue à rendre ses pratiques et ses valeurs religieuses attrayantes.
Ce Samir Horn, joué avec son intensité habituelle par un Don Cheadle bien trop rare sur nos écrans, est le genre de personnage dont la complexité s'accorde normalement mal avec les exigences d'un cinéma d'action haletant. Jusqu'à la fin, quand sa véritable identité a été révélée depuis longtemps, il préserve complètement l'intégrité de sa foi musulmane, ce qui est tout à fait surprenant de la part d'une morale hollywoodienne, qui promeut surtout l'assimilation, de gré ou de force, au rêve américain. Rien que pour cette lucidité et ce courage narratif par rapport aux principes moraux divergents de la majorité de la population américaine, Trahison mérite tout notre respect.
Mais même formellement, c'est un film tout à fait solide, qui sert les exigences du genre avec une prémisse légèrement décalée. L'enjeu principal de l'intrigue est certes le degré de corruption morale et de fanatisme de Horn, mais les éléments accessoires n'ont pas à rougir quant à leur efficacité.
Enfin, ce film se charge malgré tout d'une propagande guère rassurante, qui se laisserait résumer par le besoin de faire des sacrifices utiles pour prendre le dessus dans une guerre totale, des idées et des armes fourbes.
Ce Samir Horn, joué avec son intensité habituelle par un Don Cheadle bien trop rare sur nos écrans, est le genre de personnage dont la complexité s'accorde normalement mal avec les exigences d'un cinéma d'action haletant. Jusqu'à la fin, quand sa véritable identité a été révélée depuis longtemps, il préserve complètement l'intégrité de sa foi musulmane, ce qui est tout à fait surprenant de la part d'une morale hollywoodienne, qui promeut surtout l'assimilation, de gré ou de force, au rêve américain. Rien que pour cette lucidité et ce courage narratif par rapport aux principes moraux divergents de la majorité de la population américaine, Trahison mérite tout notre respect.
Mais même formellement, c'est un film tout à fait solide, qui sert les exigences du genre avec une prémisse légèrement décalée. L'enjeu principal de l'intrigue est certes le degré de corruption morale et de fanatisme de Horn, mais les éléments accessoires n'ont pas à rougir quant à leur efficacité.
Enfin, ce film se charge malgré tout d'une propagande guère rassurante, qui se laisserait résumer par le besoin de faire des sacrifices utiles pour prendre le dessus dans une guerre totale, des idées et des armes fourbes.
Vu le 4 février 2009, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 12, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10