Puisque nous sommes nés

Réalisé par Jean-Pierre Duret, Andrea Santana (2009)

Drame
Puisque nous sommes nés
Durée 89 minutes
Sortie 04/02/2009
Note 6/10

Cocada et Nego, deux garçons de treize et de quatorze ans, se rencontrent tous les jours à la station-service au bord de la route nationale, le seul endroit de leur région aride du Nordeste où le passage des camions et des cars donne une impression de vie. Alors que Cocada est traumatisé par l'assassinat de son père, Nego rêve de plus de liberté, en dehors de sa fraterie très nombreuse, que sa mère élève seule.

La critique

Par Tootpadu 29/01/2009

Ce film, aussi improbable que cela puisse paraître co-produit par Jamel Debbouze, s'inscrit en quelque sorte dans le pendant brésilien du néoréalisme italien de l'après-guerre. Un recueil de tranches de vie de personnages défavorisés dans un environnement qui ne l'est pas moins, Puisque nous sommes nés n'adopte pas un point de vue misérabiliste. Il ne tente pas non plus de s'ériger en un constat social, qui dénoncerait la situation calamiteuse des plus pauvres dans un pays, qui ne sait pas vraiment comment s'en occuper.
Non, ce qui interpelle surtout dans ce film, c'est l'immédiateté, enrichie d'un regard filmique poétique, avec laquelle les réalisateurs évoquent l'histoire de leurs jeunes protagonistes. Une histoire tout à fait rudimentaire, on s'en doute, qui tourne essentiellement autour de l'opposition entre la frénésie de la station-service, bruyante et anonyme, et la campagne, déserte et jonchée de témoins de l'inertie, qui mène à la putréfaction. Puisque la route nationale et l'aire de repos prennent le rôle symbolique de la pulsation de la vie, désirée et pourtant inaccessible, la précarité du quotidien des garçons en devient d'autant plus oppressante.
La caméra de Jean-Pierre Duret et d'Andrea Santana enregistre cette opposition entre la triste réalité et le rêve en en tirant une beauté plastique certaine. Entre la lumière froide des néons de la station-service pendant la nuit et la dignité des corps, fortifiés par le travail et l'abnégation, sous un soleil éclatant, s'installe ainsi un ton filmique tout à fait saisissant.

Vu le 21 janvier 2009, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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