Quatre nuits avec Anna

Réalisé par Jerzy Skolimowski (2008)

Drame
Quatre nuits avec Anna
Durée 91 minutes
Sortie 05/11/2008
Note 5/10

Après avoir purgé sa peine pour un viol qu'il n'a pas commis, Léon Okrasa travaille comme responsable de l'incinérateur d'un hôpital. Excessivement timide, il est amoureux d'Anna, une infirmière. Il l'observe de loin et s'introduit par quatre fois dans sa chambre pendant la nuit.

La critique

Par Tootpadu 15/10/2008

Ce premier film depuis quinze ans du réalisateur polonais Jerzy Skolimowski est à l'image de son personnage principal : agité et perturbé, mais pas hermétique à quelques instants d'intimité maladroite. C'est justement pendant ces moments, lorsque Léon dévoile entièrement ses sentiments et qu'il devient soudainement une proie facile pour de petits accidents de la vie courante, que le film touche à l'essence même de son sujet.
On pourrait en effet interpréter Quatre nuits avec Anna comme une parabole sur le cinéma. Prisonnier de sa passivité et de sa timidité, Léon subit les conséquences d'actes qu'il n'a pas commis. Pendant longtemps, son seul plaisir découle du voyeurisme et les rares instants où son intervention pourrait alterner le cours des événements, il reste impassible. Cette attitude passive est sans doute le plus marquant lors de ses visites nocturnes. Là encore, sa seule initiative consiste à endormir artificiellement Anna, rien que pour pouvoir la regarder et pour arranger les affaires dans son appartement. Nous, en tant que spectateur de cinéma, subissons d'une certaine façon le même sort : contraints au rôle d'observateur, notre seul moyen d'intervention est de nous extraire du spectacle qui nous est présenté et d'accroître simultanément notre passivité. Enfin, nous nous trouvons bien trop souvent, comme Léon à la fin du film, devant un mur vide, qui est le seul vestige de ce que nous avons pu vivre auparavant par procuration.
Sinon, le film de Jerzy Skolimowski intrigue plus par son calme, qu'il n'enthousiasme par une éventuelle virtuosité. La narration assez sobre et linéaire, quelques retours en arrière au procès mis à part, ne rend son film guère passionnant. Peut-être est-ce dû à la nature presqu'enfantine de l'obsession de Léon, un esprit simple qui devient rapidement le bouc émissaire d'un monde sans pitié. Sa quête n'a rien de mal intentionné, si ce n'est la violation de l'intimité de l'autre, par peur de sortir de son propre carcan.

Vu le 14 octobre 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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