Largo Winch

Réalisé par Jérôme Salle (2008)

Action
Largo Winch
Durée 109 minutes
Sortie 17/12/2008
Note 6/10

Nerio Winch, le dirigeant de la puissante multi-nationale W, est retrouvé mort noyé dans la baie de Hong Kong. Les marchés financiers réagissent fièvreusement à cette nouvelle néfaste, alors même que le trafiquant d'armes russe Mikhail Korsky lance une OPA sur l'entreprise du défunt. En plus, Ann Ferguson, le bras droit de ce dernier, et le conseil d'administration apprennent un secret méticuleusement caché par Winch : il avait adopté trente ans plus tôt un fils dans un orphelinat bosniaque. Cet héritier inopiné, Largo Winch, se trouve du coup au centre de toutes les convoitises, bien qu'il croupisse encore dans une prison brésilienne, où il a été emprisonné pour trafic de drogues.

La critique

Par Tootpadu 20/11/2008

Ca y est ! Nous avons enfin trouvé un héros de film d'action dont l'attrait physique nous séduit au moins autant que ses troubles psychologiques. Largo Winch, tel qu'il est interprété, avec panache, par Tomer Sisley, est un personnage faillible et loin d'être invincible. Sans que ses insuffisances soient la source d'une dérision quelconque, il fait de son imprévisibilité une arme, qui désarçonne ses adversaires de la même manière que sa belle allure de rebelle fait tomber toutes les filles. C'est un héros malgré lui, qui fait tout pour se dérober à la responsabilité qui lui incombe, rien que pour se retrouver en fin de compte au point précis qu'il voulait fuir à tout prix.
Dans le combat qu'on lui impose, Largo Winch ne mène pas toujours le jeu. Ses capacités physiques et mentales sont plutôt modestes en comparaison avec le plus récent James Bond, par exemple, qui avance comme un bourrin, laissant derrière lui une trace de cadavres, tel le vestige organique dans un monde désormais gouverné par la technologie froide. Winch transforme plutôt sa désinvolture et son goût du risque en atout. Il est un aventurier des temps modernes, en quête de spiritualité ancestrale, comme le montre son voyage en Amazonie, et néanmoins lucide sur les machinations pas toujours très nettes du monde moderne de la finance. Par ailleurs, cet aspect de l'intrigue de Largo Winch, la guerre des offres d'achat, paraît curieusement déjà le plus daté, en vue de la crise financière tenace, qui retourne de fond en comble le fonctionnement du secteur économique.
La mise en scène de Jérôme Salle dispose de suffisamment de sagesse pour mettre en valeur les attributs de sa vedette, sans les dénaturer par des dispositifs formels tapageurs. Les origines de la bande dessinée de l'histoire n'ont ainsi aucune incidence directe sur le côté esthétique du film. Les belles images sont certes nombreuses, comme celle de notre héros qui fonce à toute vitesse vers une destination secrète à bord d'un petit bateau, mais elles ne dégringolent jamais vers la pose formelle gratuite. De même, la narration agence plutôt convenablement les sauts multiples à travers les différents temps et endroits de l'histoire.
Plus que le premier représentant crédible du héros européen, voire international, au moins trilingue mais très loin de l'amalgame culturel indéfinissable typique du vieux contient, Largo Winch est le premier rôle en or pour Tomer Sisley, un acteur et comique d'exception, à qui l'on souhaite une illustre carrière française ou internationale !

Vu le 19 novembre 2008, à l'Elysées Biarritz, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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