Parker

Réalisé par Taylor Hackford (2013)

Gangster
Parker
Durée 118 minutes
Sortie 17/04/2013
Note 6/10

Parker est un voleur professionnel au code d’honneur intransigeant. En charge du braquage de la foire de l’Ohio, il y fait pour la première fois équipe avec Melander et sa bande, recommandés par son beau-père Hurley. Une fois le casse effectué avec succès, ses partenaires veulent obligé Parker de réinvestir sa part du butin dans une nouvelle opération, encore plus lucrative. Quand il refuse, il est laissé pour mort après une fusillade sanglante. Il s’en sort de justesse et jure alors de se venger. Son enquête pour retrouver les traîtres le mène jusqu’à la station balnéaire luxueuse de Palm Beach, où il devra faire appel aux services de l’agent immobilière Leslie pour mieux se repérer sur le terrain.

Les critiques

Par Mulder 28/04/2013

L’association Taylor Hackford (Officer et Gentleman, Soleil de nuit, L’associé du diable, Ray..) et Jason Statham pourrait paraître à première vue impossible autant la filmographie et la personnalité de ces deux personnalités diffèrent. Autant le premier est attaché à nous livrer des film sophistiqués, suffisamment construits et maîtrisés dans des genres différents (drame, fantastique..) que le second semble se limiter à des films d’action certes pour certains très convaincants mais plutôt mineurs. Malgré tout, cette association s’avère être des plus fructueuse et très convaincante. Pourtant, à regarder de plus près, ce réalisateur (et aussi producteur) et cet acteur devaient bien un jour voir leur carrière se croiser. En effet, le seul genre que le réalisateur n’avait pas encore abordé était le film d’action pur et dur. De manière surprenant, leur association n’est pas issue d’une Major mais d’une société de distribution indépendante (Filmdistrict).

L’histoire est sans être des plus originales s'avère être assez classique et efficace. Le personnage principal Parker est un cambrioleur qui suite à un braquage raté se voit laissé pour mort par ses acolytes. Il décide donc de se venger et de récupérer plus que ceux-ci lui doivent. Il montera donc une opération avec un agent immobilier (Jennifer Lopez) pour faire justice et par la même occasion rafler 50 millions de dollars de bijoux…

Le film repose sur un scénario solide de John J. McLaughlin (l’un des scénaristes de Black Swan) et permet de retrouver enfin dans des rôles consistants Jennifer Lopez, Michael Chiklis et Nick Nolte. On se doute bien que la présence des deux derniers acteurs est un moyen efficace pour eux d‘obtenir une meilleure visibilité. Reste que le plaisir pris à regarder ce film d’action réussi est un plaisir certes coupable mais assez attractif pour en laisser une bonne impression persistante.

La pleine réussite de ce film tient pourtant une fois de plus à la présence de Jason Statham. Découvert par Guy Ritchie et ayant travaillé avec des réalisateurs tel John Carpenter, F Gary Gray, c’est surtout grâce à Luc Besson et son personnage de la trilogie Le transporteur (Frank Martin) qu’il s’est imposé non seulement comme un véritable comédien mais aussi comme un actionner très efficace. Une fois de plus, il montre que dans ce film, il n’est pas simplement un acteur de films d’action décérébré (comme Jean Claude Van Damme ou Chuck Norris et Steven Seagal) mais un acteur complet aussi à l’aise dans une scène dramatique voire comique. Certes, ce film n’est pas aussi exaltant que Safe, Expendables 2 et Killer Elite mais reste un film d’action honnête, direct et intéressant pour ne pas bouder le plaisir pris à le regarder.

Vu le 21 avril 2013 au Gaumont Disney Village, Salle 05, en VF

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

Par Tootpadu 14/02/2013

L’auteur Donald E. Westlake n’écrit pas avec une plume aussi sophistiquée que Elmore Leonard. L’adaptation cinématographique des exploits d’un gangster qui se fait plusieurs fois doubler avant d’arriver à ses fins n’est par conséquent pas aussi malicieuse et jouissive que l’a été à l’époque Hors d’atteinte de Steven Soderbergh, même quinze ans plus tard le meilleur film dans lequel Jennifer Lopez a joué. La manière musclée que Parker emploie pour régler ses problèmes rappelle davantage la démarche peu scrupuleuse du protagoniste de Payback de Brian Helgeland, indirectement inspiré du personnage phare de Westlake. Or, la facture plutôt inégale de Parker représente une hésitation permanente – et à la longue fatigante – entre l’aspect violent de l’activité de ce bandit au tempérament implacable et les considérations plus humaines, moins huilées que cette brutalité avec laquelle il avance à l’aveuglette, qui mettent en péril la réussite de ses projets.
Au-delà de toute mise en question de la réalisation guère inspirée de Taylor Hackford, le dilemme principal du film est reflété dans les styles de jeu diamétralement opposés des deux têtes d’affiche. Tandis que Jason Statham se contente une fois de plus de camper un dur à cuire au cœur en or méticuleusement caché, Jennifer Lopez tente en vain le grand écart entre le côté potiche de son personnage et une vulnérabilité presque touchante. Les instants où le dégoût d’une existence misérable s’exprime par un regard dépité ou un discours lucide chez Leslie sont cependant trop brefs et trop rapidement supplantés par une nouvelle bastonnade pour réellement résonner dans le schéma d’un récit, qui ne paraît pas vraiment savoir où il veut en venir.
Le rythme narratif du film est en fait constitué de tant d’à-coups peu organiques que le flux de l’intrigue s’en voit considérablement perturbé. En dehors de quelques effets esthétiques peu séduisants, comme la surexposition atroce de l’image lors des quelques retours en arrière ou les écriteaux rouges qui font partie intégrante de la présentation de chaque nouveau décor, la mise en scène de Taylor Hackford se montre assez démunie face à une histoire qui aurait sans doute nécessité un encadrement plus ferme, afin de renouer avec la grande tradition hollywoodienne des films de gangster sans concession.

Vu le 11 février 2013, au Club 13, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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