Mange ceci est mon corps

Réalisé par Michelange Quay (2008)

Drame
Mange ceci est mon corps
Durée 105 minutes
Sortie 22/10/2008
Note 4/10

En Haïti, Madame habite avec sa mère âgée dans une vaste demeure. Alors que le servant Patrick s'occupe de la vieille dame, Madame invite un groupe de garçons pauvres chez elle. Elle aimerait bien leur offrir à manger, mais elle ne dispose que d'un grand engin de traitement du lait dans sa cave.

La critique

Par Tootpadu 27/08/2008

Ne soyez pas étonnés si vous ne comprenez rien à ce premier film au bout d'un quart d'heure, lorsque les personnages principaux font leur apparition. Cet état de frustration, induit par l'ignorance et une opacité narrative déconcertante, ne se dissipera nullement jusqu'à la fin de cette parabole prétentieuse sur le colonialisme. A travers une échelle esthétique tout droit sortie d'une pub Benetton, Michelange Quay cherche apparemment à évoquer les rapports coloniaux, avec tout ce qu'ils impliquent de dépendance et de déséquilibre de force. Sauf que son récit est tellement abstrait et inaccessible que les déambulations de la femme blanche restent déroutantes au mieux, et ennuyeuses au pire.
Les longues prises aériennes du début, l'opposition visuelle saisissante entre la couleur de peau foncée et la blancheur du lait dans tous ses états, ainsi qu'une certaine sensualité dans l'évocation du domestique, ne compensent guère pour la forme narrative délibérément disparate et instinctive, plombée par des symboles trop lourds de sens. Après cette introduction atypique mais pas sans intérêt, faite essentiellement d'une entrée dans les terres du point de vue divin, d'une femme prête à accoucher, et d'une danse tribale, relayée par un monologue prenant de la vieille dame, Mange, ceci est mon corps se perd dans des séquences de plus en plus aberrantes. Sous prétexte d'une allégorie hallucinatoire, Michelange Quay nous plonge dans un univers, dont lui seul détient les clefs de compréhension. Faute de nous indiquer des pistes d'accès, son film demeure désagréablement hermétique, en dépit de quelques trouvailles plastiques intéressantes.

Vu le 25 août 2008, au Club Marbeuf

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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