Sept jours (Les)

Réalisé par Ronit Elkabetz, Shlomi Elkabetz (2008)

Drame familial
Sept jours (Les)
Durée 116 minutes
Sortie 02/07/2008
Note 6/10

Maurice Ohaion est mort d'une crise cardiaque. Alors que la menace de la première guerre du Golfe pèse sur le pays, toute la famille se réunit pendant une semaine, comme le veut la tradition juive, pour faire le deuil du défunt. Mais les problèmes des vivants volent rapidement la vedette au respect que les proches sont venus payer à Maurice et sa femme. Alors que Viviane attend en vain depuis trois ans d'obtenir le divorce de son mari Eliahou, le frère aîné Meir rêve de briguer le poste de maire. En plus, l'usine familiale, dans laquelle Haim emploie plusieurs de ses frères, est sur le point de faire faillite.

La critique

Par Tootpadu 11/06/2008

Douze ans fictifs et trois ans réels ont passé, depuis l'évocation de l'enfer conjugal dans le premier film des frère et soeur Elkabetz, Prendre femme. C'est un temps suffisant pour oublier, ne serait-ce qu'involontairement, les détails de la vie familiale dysfonctionnelle des Ohaion. De toute façon, la poursuite de la saga élargit le cadre à la famille toute entière, au point de faire interagir plutôt adroitement une petite vingtaine de personnages sur une période temporelle et un décor ramassés.
L'unité de lieu et de temps, apparemment si chère aux réalisateurs, opère une fois de plus ici comme un moyen de pression dramatique fort efficace. Dès que nous nous sommes repérés dans cette famille riche en frères, soeurs et rancunes, ces dernières éclatent sans le moindre ménagement. Le ton toujours aussi théâtral n'enlève cette fois-ci rien à l'intensité des affrontements et à la fourberie intéressée des manoeuvres, pour redistribuer les cartes d'un point de vue matériel. A entendre parler ces frères et soeurs, ils n'ont plus que l'argent en commun, ainsi que des souvenirs sur le défunt bien divergeants, dès qu'ils quittent le terrain sûr des lieux communs. En cela, les Elkabetz captent avec beaucoup de justesse l'effilement des liens familiaux, à ce moment de la vie où les souvenirs d'une enfance passée ensemble sont trop lointains ou trop douloureux pour garder les intérêts communs vivants.
Cependant, tout n'est pas que lamentation et étripage dans Les Sept jours. Au moins deux instants de recul, lors des alertes à l'attaque chimique, au tout début et vers la fin du film, apportent à la fois un peu d'humour absurde et un bref retour aux valeurs essentielles de survie et de solidarité, qui éclipsent très temporairement l'état d'esprit de prédateur, qui règne dans cette famille après tout très ordinaire.

Vu le 11 juin 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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