Occitanienne Le Dernier amour de Chateaubrinad (L')

Réalisé par Jean Périssé (2008)

Drame
Occitanienne Le Dernier amour de Chateaubrinad (L')
Durée 90 minutes
Sortie 19/03/2008
Note 4/10

En ce mois d'août de l'année 1829, l'écrivain vieillissant et ambassadeur à Rome René de Chateaubriand se rend à Cauterets dans les Pyrénées pour se reposer. Depuis deux ans, il entretient un échange épistolaire passionnel avec la jeune Léontine de Villeneuve. Au courant du séjour de Chateaubriand, Léontine se rend dans les montagnes pour enfin rencontrer l'homme qu'elle admire depuis dix ans et lui offrir son amour inconditionnel. Par une nuit de pluie violente, l'homme de lettres fatigué de vivre et la jeune aristocrate idéaliste débattent au Grand Hôtel, sous l'oeil malicieux de Raoul, le maître d'hôtel illettré mais poète dans l'âme.

La critique

Par Tootpadu 11/03/2008

Il va de soi que la dernière affaire d'un homme de lettres est plus riche en verbes qu'en actes physiques. Cette prépondérance de l'échange des mots par rapport aux rencontres plus sensuelles n'excuse cependant nullement la nature ennuyeusement bavarde de ce premier long-métrage d'un réalisateur de télévision. La majeure partie du film consiste en effet en des discussions interminables et désagréablement circulaires, qui ne font point avancer l'intrigue ou, au moins, les coeurs.
L'orage a beau se déchaîner à l'extérieur, la première rencontre entre le vieil auteur et la jeune aristocrate reste d'une mollesse frustrante. Tellement Chateaubriand et Léontine tournent en rond, au lieu de se tourner autour comme des amoureux étourdis, qu'on a bien du mal à croire qu'ils échangeaient des lettres animées par le feu de l'amour depuis des années. Même la mise en scène semble ressentir la fadeur et l'aspect lourdement théâtral de cette longue discussion vaine, puisqu'elle l'entrecoupe régulièrement d'échappées à la valeur abstraite factice sur les montagnes, le ciel ou la forêt. Après chacune de ces pauses artificielles, nous espérons en avoir fini avec les bavardages plus tortueuses que langoureuses, mais le retour à la triste réalité du film est inéluctable.
Au sein d'une forme qui pendule sans rigueur entre l'esthétique d'un téléfilm et la pose théâtrale, un seul et unique rayon de soleil persiste. C'est le maître d'hôtel, qui s'improvise en commentateur espiègle et attachant, campé par un Roger Souza plutôt convaincant, qui insuffle ne serait ce qu'un peu de vie dans cette nuit pesante de l'amour impossible. Hélas, son personnage est complètement absent de la partie centrale du film, qui alourdit ce dernier au delà de tout espoir de rédemption.

Vu le 11 mars 2008, au Club de l'Etoile

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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