Retour à Gorée

Réalisé par Pierre-Yves Borgeaud (2008)

Documentaire musical
Retour à Gorée
Durée 112 minutes
Sortie 02/04/2008
Note 7/10

Depuis l'île de Gorée, au large de Dakar, au Sénégal, des dizaines de millions de femmes, d'hommes et d'enfants ont été déportés vers l'Amérique, pendant les trois siècles de la traite d'esclaves africains. Le musicien sénégalais Youssou N'Dour et son ami, le pianiste suisse Moncef Genoud, sont partis de cet endroit emblématique pour suivre l'influence de la musique d'origine africaine dans le Nouveau Monde. Sur leur route, de la Nouvelle Orléans jusqu'au Luxembourg, en passant par New York, ils rassemblent des musiciens et des chanteurs de jazz, qui interpréteront un concert de chansons de Youssou N'Dour sur l'île de Gorée.

La critique

Par Tootpadu 07/02/2008

La musique et l'Histoire, c'est une association de thèmes qui manque rarement de nous subjuguer dans le genre documentaire. De Motown : la véritable histoire à Between a Smile and a Tear, les exemples sont nombreux, où l'étude du passé à travers des notes de musique très jazz nous a émus et instruits en même temps. Ce documentaire suisse s'intègre parfaitement dans cette lignée d'oeuvres musicales enthousiasmantes et profondément touchantes.
La démarche de Youssou N'Dour, transcrite sans trop d'ingérence mais avec beaucoup de subtilité par le réalisateur, se caractérise par une forte volonté de rassemblement. Partant d'un projet vaste qui lui tient à coeur, le musicien invite un groupe d'artistes plutôt hétéroclite à le joindre dans son hommage à l'abolition de la traite d'esclaves et son exploration du cheminement clandestin des rythmes et des musiques africains. La convivialité et la curiosité règnent dans cette belle entreprise humaine, qui ouvre des horizons, pas seulement aux Noirs américains qui viennent pour la première fois sur la terre de leurs ancêtres, mais aussi aux spectateurs, guidés doucement et sans artifice vers une pratique intense et authentique d'une formidable musique instinctive.
La mélancolie, née du souvenir de l'abomination de l'esclavage, empêche le documentaire de s'élever un peu trop vers un monde idéal, fait de connivences artistiques. Youssou N'Dour risque d'être dépeint ici comme un idéaliste sans reproche, mais le caractère orchestral de l'entreprise lui laisse étonnamment peu de temps pour se mettre en valeur. Ce qui n'est pas la moindre qualité de ce documentaire musical chaudement recommandé !

Vu le 7 février 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

Retour à la liste des Critiques