Comme des voleurs [à l'est]

Réalisé par Lionel Baier (2007)

Drame
Comme des voleurs [à l'est]
Durée 109 minutes
Sortie 05/12/2007
Note 4/10

Comme tous les ans, Lionel Baier, qui travaille pour la radio suisse, rentre dans sa famille pour les fêtes de fin d'année. Il n'y a rien de particulier dans la pratique des coutumes traditionnelles, partagée avec son copain Serge, sa soeur Lucie et son copain Liberto, et leurs parents, Victor, un pasteur, et Madeleine. Sauf que Lionel apprend qu'il a des origines polonaises, à travers son arrière-grand-père. Profondément affecté par cette nouvelle, il s'investit alors dans un apprentissage éffréné sur tout ce qui a trait à la Pologne. Et puis, il rencontre Ewa, une fille au pair polonaise en situation irrégulière, envers laquelle il ressent une certaine responsabilité, à cause de ses origines jusque là ignorées.

La critique

Par Tootpadu 23/11/2007

Le narcissisme atteint un niveau difficilement supportable dans ce film suisse. Même si l'histoire n'est que partiellement inspirée de la vie du réalisateur, la façon dont elle est traitée, dans une quête longue et pénible d'une identité plus choisie que subie, la rend rapidement hermétique et agaçante. L'agitation hystérique du personnage central peine ainsi pendant trop longtemps à provoquer autre chose que de l'indifférence et de l'ennui chez le spectateur. De surcroît, la mise en abîme par le dispositif de la fiction, avec ses péripéties tirées par les cheveux notamment en Pologne, enlève la moindre intensité réaliste au récit. Une démarche semblable avait au moins été animée par des doutes et des désirs crédibles dans La Traversée de Sébastien Lifshitz, grâce au respect du cadre documentaire. Ici, Lionel Baier se donne en spectacle d'une manière nombriliste et guère convaincante.
Formellement, son film n'est point plus accompli que son précédent, l'énervant Garçon stupide. Entre la cacophonie ravelienne en fond sonore, des surimpressions numériques plutôt laides et une structure banale et décousue, le film ne dispose pas non plus d'attrait de ce point de vue-là. Ce qui est presque étonnant de la part d'un cinéaste, qui paraît bien connaître les maîtres essentiels du cinéma, puisqu'il cite John Ford (L'Homme qui tua Liberty Valance) dans le film, et Oliver Stone (Nixon) dans le dossier de presse. Sans oublier son goût pour des acteurs mignons, qui n'arrivent hélas point à briller dans l'introspection tortueuse qu'est ce film.
Cependant, il y a comme un sentiment d'apaisement, dès que les plus grandes désillusions sur le sol polonais sont passées. Mais cette quiétude mentale arrive bien trop tard pour nous faire oublier l'agacement antérieur pratiquement ininterrompu.

Vu le 22 novembre 2007, au Club Marbeuf

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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