Vie intérieure de Martin Frost (La)

Réalisé par Paul Auster (2007)

Drame
Vie intérieure de Martin Frost (La)
Durée 93 minutes
Sortie 14/11/2007
Note 6/10

Après avoir bouclé son dernier roman au bout de trois ans, l'écrivain Martin Frost s'en va à la campagne pour se reposer dans la maison de ses amis Jack et Diane Restau, partis en voyage. La quiétude mentale ne lui réussit pas longtemps, puisqu'il ne tarde pas d'avoir une idée pour une nouvelle histoire. Le lendemain, il se réveille à côté de la belle Claire Martin, la nièce de Diane, qui a voulu également profiter de la maison abandonnée pour travailler sur sa thèse en philosophie. Les deux transfuges s'entendent finalement très bien, en dépit du dérangement de leur solitude. Mais plus Martin avance vers la fin de son histoire, plus Claire s'affaiblit.

La critique

Par Tootpadu 27/09/2007

La musique enjouée et insistante de ce troisième film de l'écrivain Paul Auster a failli nous induire en erreur, quant à la nature de ce conte intelligent. Le thème de la muse se faufile en effet à travers l'histoire avec une subtilité qu'on n'aurait pas soupçonné de la part du réalisateur du pompeux Lulu on the Bridge. Le concept assez abstrait qui s'empare du film au bout d'une demi-heure, et qui ne manque pas de rappeler certains éléments d'Une question de vie ou de mort, reste ainsi étonnamment concret.
Paul Auster sait maintenir la dimension fantastique de son récit, tout en y ajoutant quelques détails plus banals, qui apportent un peu d'humour, lorsque le désarroi de la partie sentimentale de l'histoire aurait autrement tendance à la tirer vers le bas. L'euphorie radieuse qui émane de son film se fait sentir bien avant que l'espoir ne renaisse. Et la photo lumineuse ne fait qu'accentuer le traitement optimiste d'une histoire qui aurait pu sombrer dans l'observation nombriliste de l'acte de création artistique.
L'agent principal de la crédibilité et de l'investissement émotionnel dans cette histoire farfelue est l'interprétation rayonnante d'Irène Jacob. Bien trop rare sur nos écrans, cette actrice brillante confère une justesse incroyable au personnage de Claire, un mélange enivrant d'innocence, d'espièglerie et de joie de vivre, ne serait-ce que par intermittence. Face à elle, les trois autres acteurs de cet ensemble très réduit profitent au moins indirectement de sa prestation éclatante. La franchise un peu collante du personnage de Michael Imperioli contraste parfaitement avec la douceur encourageante de Claire. La jeune Sophie Auster agit comme un reflet, un écho, ou mieux encore, comme une ébauche de cette femme accomplie. Et l'écrivain obsédé interprété par David Thewlis traduit bien les tiraillements entre ses ambitions artistiques et amoureuses.

Vu le 26 septembre 2007, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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