Joshua

Réalisé par George Ratliff (2008)

Drame
Joshua
Durée 106 minutes
Sortie 30/04/2008
Note 6/10

Brad et Abby Cairn sont heureux d'accueillir la petite Lily, leur deuxième enfant neuf ans après leur fils Joshua. Au début, tout se passe bien et Abby espère ne pas devoir subir les mêmes troubles psychologiques post-natals qu'après sa première grossesse. Mais au bout de deux semaines, Lily n'arrête plus de pleurer. Ce n'est là que la première étape de la descente aux enfers d'une famille ordinaire : le père absorbé par son travail, la mère constamment au bord d'une dépression nerveuse et le fils, sage en apparence, mais qui ressent que la nouvelle arrivée lui enlève beaucoup de l'attention et de l'affection que ses parents lui portaient jusqu'alors.

La critique

Par Tootpadu 14/04/2008

Pas besoin de convoquer le diable, comme dans La Malédiction de Richard Donner, pour perturber en profondeur les mécanismes d'une famille aisée dans ce premier film de fiction de George Ratliff. C'est même l'absence du moindre élément fantastique ou surnaturel qui rend ce dérèglement d'une vie apparemment heureuse aussi inquiétante. Les motivations du personnage principal restent partiellement en suspens. Bien que son plan soit plutôt machiavélique, il ne relève pas non plus d'un trouble psychologique précis, qui rassurerait sur la nature exceptionnelle des événements. Rien de vraiment anormal se passe ainsi au sein de la famille Cairn, sauf que les crises de jalousie et de suspicion sont portées à leur paroxisme. Il manque en quelque sorte une entité régulatrice dans ce microcosme social, quelqu'un qui disposerait de l'autorité et du discernement nécessaires pour contrer, voire pour anticiper, chaque horreur que Joshua fait subir à son entourage.
Pour rendre un personnage aussi ambigu que Joshua à la fois attachant et effrayant, il fallait un jeune acteur capable d'exceller simultanément sur ces deux tableaux d'identification et de rejet de la part du spectateur. Jacob Kogan s'en sort très bien, puisqu'il laisse toujours planer une part d'ombre sur son visage d'ange, derrière lequel se cache un calcul de plus en plus froid et meurtrier. Le scénario ne nous laisse point dans le doute sur sa culpabilité, mais il y a une vulnérabilité et une innocence feintes dans son regard, qui lui préservent une part de sympathie enfantine difficile à nier, en dépit de son caractère incontestablement mauvais. Kogan est épaulé par des acteurs tout à fait solides, en la personne de Sam Rockwell, trop souvent cantonné aux seconds rôles, Vera Farmiga, qui commence à se faire sa petite place bien méritée à Hollywood, et une Celia Weston, qui excelle une fois de plus dans un emploi ingrat (la grand-mère illuminée).

Vu le 7 avril 2008, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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