Roi et le clown (Le)

Réalisé par Lee Jun-ik (2008)

Drame historique
Roi et le clown (Le)
Durée 119 minutes
Sortie 23/01/2008
Note 7/10

Corée, 16ème siècle. Jang-Seng et Gong-Gil gagnent leur vie comme saltimbanques à la campagne. Pour éviter à Gong-Gli, un homme aux traits féminins d'une grande finesse, de se prostituer auprès des nobles, Jang-Seng propose de se rendre à la capitale. A Séoul, les deux comédiens font sensation en raillant le roi Yon-San et son épouse Nok-Soo, une ancienne prostituée. Arrêtée pour insulte à la cour, la troupe de Jang-Seng devra alors faire ses preuves devant Yon-San. Si leurs bouffonneries font rire le souverain, ils seront libres, sinon, ils payeront leur impertinence avec leur vie.

La critique

Par Tootpadu 26/10/2007

Le spectacle est au coeur de cette belle surprise coréenne. Au fil de l'histoire, ses possibilités et ses limites sont évoquées avec une exhaustivité et une intelligence qui ne peuvent que séduire. Dévoués entièrement à leur art de la rue, qui s'accommode en fin de compte mal avec les contraintes de la cour, les deux comédiens principaux le pratiquent comme une échappatoire à la réalité. A cette même réalité, ils vont finir par se casser les dents, obligés de reconnaître que les mêmes rapports d'exploitation sexuelle et de dépendance existent à tous les niveaux sociaux. Mais d'ici là, leur capacité de faire rire et de tourner en dérision un monarque complètement fou aura subi les sévices d'une institutionnalisation sauvage. C'est bien simple, l'art du spectacle ne peut vivre que s'il est l'expression authentique d'un artiste et s'il est adapté à son public.
Autour de ce thème central, la mise en scène fait graviter un nombre impressionnant d'autres motifs récurrents. Les effets de réverbération ou d'anticipation sont des plus astucieux et renforcent encore une structure narrative déjà sans défaut. Lee Jun-ik sait en effet résister au faste de la cour et au côté mélodramatique, voire tragique, de l'histoire, pour démeurer dans un ton particulièrement sobre, mais pas distant pour autant.
L'éclairage de la photo peut paraître plate, en comparaison avec d'autres épopées historiques venues récemment d'Asie, qui soignent par dessus tout l'aspect visuel du film. Mais cette neutralité profite agréablement à l'histoire, puisqu'elle ne détourne à aucun moment l'attention du spectateur.

Vu le 25 octobre 2007, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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