Marche (La)
Réalisé par Nabil Ben Yadir (2013)
| Durée | 125 minutes |
| Sortie | 27/11/2013 |
| Note | 7/10 |
En 1983, la France est secouée par une série sans fin de meurtres racistes. Activiste dans son quartier des Minguettes, Mohamed est blessé par balles lors d’une bavure policière. Une fois sorti de l’hôpital, il décide de prendre les choses en main, afin que la situation des siens s’améliore. Inspirés par l’exemple de Gandhi, le jeune homme et ses amis organisent une marche pacifique à travers la France, qui devrait arriver à Paris au bout de quelques semaines. Cette manifestation pour l’égalité et contre le racisme est soutenue par le prêtre Christian Dubois et quelques associations, qui accueillent les jeunes marcheurs au fil des étapes de leur périple. Malgré l’investissement des participants, la Marche peine au début à mobiliser les foules.
La critique
Par Mulder 28/12/2013
Le cinéma n’a pas uniquement pour vocation de divertir mais peut également nous instruire et délivrer un message de paix et d’entraide raciale. En 1983, Toumi Djaidja (président de l’association Avenir Minguetttess) en voulant protéger un jeune d’un chien policier suite à des affrontements entre force de l’ordre et des jeunes déliquants de ce quartier se fait tirer dessus par un policier (qui est propriétaire de ce chien). Aidé par le père Christian Delorme, curé des Minguettes et s’inspirant du mouvement pacifiste commencé par Gandhi notamment il décide de mettre en place une longue marche pour l’égalité et contre le racisme (la marche des Beurs). De Lyon à Paris, cette marche a rassemblé plus de 100000 personnes à Paris le 3 décembre 1983. Cette marche marqua la création de l’association SOS Racisme avec Harlem Désir surfant ainsi avec l’attrait des média sur ce mouvement.
Faire un film trente ans plus tard dans un tel contexte politique de crise économique où le front national n’a jamais été aussi populaire est une excellente initiative. En trente ans, certes les choses ont changé mais malheureusement pas assez. Les cités ghettos continuent à prospérer et l’immigration et l’insertion continuent à poser de gros soucis. On ne peut donc saluer l’excellente initiative du réalisateur et co-scénariste (avec Nadia Lakhdar) de ce film. Certes le résultat n’est pas parfait et le sur-jeu de Jamel Debbouze devient très vite lassant et entâche notre plaisir à suivre ces comédiens totalement en phase avec la thématique de ce film. Olivier Goumet, Nader Boussandel, Hafsia Herzi et surtout Charlotte Le Bon sont parfaits dans leur rôle. La présence de jeunes comédiens comme Tewfik Jallab, Vincent Rottiers, M'Barek Belkouk est également un atout dans la réussite de ce film.
Curieux choix alors des scénaristes de changer les noms des personnages réels afin d’en tirer une fiction et ainsi enlever une part importante de crédibilité à cette histoire. Reste des personnages parfaitement construits dont les relations entre eux et leur point de vue différents apportent une valeur ajoutée non négligeable. Qui se souvient de cette marche de nos jours et de son importance historique pour beaucoup, pratiquement personne. C’est en cela que l’effort du réalisateur est louable et que nous ne pouvons que le soutenir. Même si il est regrettable actuellement que certains quartiers deviennent dangereux car non maîtrisés (on pourra prendre l’exemple de quartiers de la ville de Meaux comme La Pierre Collinet), il est important que de tels films existent et soient vus par le plus grand nombre. Ce film voguant perpétuellement être l’humour, la rancœur et l’émotion forte montre que de jeunes réalisateurs peuvent nous apporter un nouveau regard sur nos cités et sur le mal- être qui y règne. Malgré de nombreuses maladresses, des fautes de rythme, le film atteint son objectif de nous instruire, de nous émouvoir intelligemment et de réveiller notre conscience.
Vu le 03 décembre 2013 au Gaumont Opéra (côté Français), Salle 07, en VO