For Your Consideration
Réalisé par Christopher Guest (2007)
| Durée | 84 minutes |
| Sortie | 17/10/2007 |
| Note | 6/10 |
Le tournage du petit film indépendant Home for Purim se déroule normalement, jusqu'à ce que l'actrice principale Marilyn Hack apprenne que son rôle d'une mère juive mourante génère un bouche-à-oreille positif sur le web, en vue d'une possible nomination aux Oscars. La machine publicitaire commence alors à tourner à pleine vitesse, puisque ses partenaires Victor Allan Miller, surtout connu pour sa promotion d'une saucisse cashère, et Callie Webb attirent le même genre de prévisions élogieuses. Mais est-ce que les efforts des agents et producteurs suffiront pour permettre à tous d'accéder au cercle exclusif des cinq acteurs ou actrices retenus, annoncé au petit matin du jour des nominations ?
La critique
Par Tootpadu 14/09/2007
La partie du film qui traite des petits rouages de la campagne de promotion et de l'anticipation d'une nomination illusoire regorge ainsi de moments jouissifs. Rien que le passage à travers les émissions de télé incontournables, comme Charlie Rose ou Leno / Letterman, est d'une méchanceté cinglante des plus divertissantes. Christopher Guest y raille les imperfections du système médiatique, au sein duquel il évolue, avec une méchanceté ironique. La volonté maladive des acteurs poussiéreux de se conformer à ce qui est considéré comme beau (le nouveau visage de Hack) ou dans l'air du temps (la danse de Miller dans une émission pour jeunes), opère tel le reflet critique d'un univers, dans lequel le paraître prime depuis toujours sur l'être.
L'humour de la plume de Guest et de son fidèle collaborateur Eugene Levy n'est cependant pas toujours aussi piquant. Tandis que le scénario se moque principalement des perversions du monde du spectacle en rapport avec les Oscars pendant la deuxième moitié du film, la première s'acharne un peu trop vicieusement sur l'équipe modeste d'un film passablement ringard. La supériorité affichée du ton envers des artistes aux traits caricaturaux prend alors presque le goût déplaisant du snobisme. A force d'insister sur la débilité de quelques membres essentiels de l'équipe, comme la productrice et le réalisateur, la narration les rend plus pitoyables qu'attachants dans leur manque de talent, de clairvoyance ou tout simplement d'intelligence. Si ce n'était pour la chaleur apportée par la prestation remarquable de Catherine O'Hara, dans le rôle de Marilyn Hack, cette première moitié du film serait d'un froid émotionnel assez déplaisant.
Un film un peu inégal donc, qui ne manquera pourtant pas de ravir tous les fans inconditionnels des Oscars !
Vu le 13 septembre 2007, au Club Marbeuf, en VO