Notre agent à Salzbourg

Réalisé par Lee H. Katzin (1973)

Espionnage
Notre agent à Salzbourg
Durée 93 minutes
Sortie 25/01/1973
Note 5/10

Pendant ses vacances à Salzbourg, l'avoué américain Bill Mathison est envoyé par l'éditeur Newhart pour éclaircir un mystérieux contrat sur un livre de photos, assemblées par Richard Bryant. En l'absence de Bryant, Mathison a du mal à obtenir des informations de sa femme Anna et de son beau-frère Johann. Une série d'accidents suspects et la filature incessante par différents services secrets font alors douter Mathison qu'il s'agit là d'un simple différent d'honoraire.

La critique

Par Tootpadu 16/03/2007

Salzbourg et ses fiacres, son panorama et ses habits traditionnels : aucune attraction pour touristes n'est exclue dans ce thriller d'espionnage solide, mais guère exceptionnel. Le folklore autrichien fournit seulement l'arrière-plan pittoresque pour une intrigue qui sait garder le suspense jusqu'à la fin. Les motivations de la plupart des personnages restent dans le flou, tellement chacun mène un double jeu et est redevable à différentes organisations secrètes. Cette ignorance permet au spectateur de rester interpellé par l'action, pas avare en revirements et en coups tordus de part et d'autre.
Le maintien du rythme se fait par contre également grâce à un recours systématique à l'ellipse. L'empressement de faire vite et bien à la fois mène ainsi parfois à une narration chahutée, qui ne se soucie guère du sort de certains comparses. Comme de celui des deux individus qui enlèvent Anna du cimetière, rien que pour être arrêtés, au bout d'une course poursuite en forme d'opération escargot plutôt ingénieuse, par les forces de l'ordre autrichiennes ridiculement persuasives. Avec un effet entre l'arrêt sur image et le ralenti pour certains moments clés et une bande originale hautement disparate en plus, le film accuse légèrement le poids d'une mise en scène peu pointilleuse.
L'interprétation assez fade, surtout d'un Barry Newman sans la carrure nécessaire pour porter le film sur ses épaules, est relativement relevée par un jeune Udo Kier en ange de la mort et Klaus Maria Brandauer, déjà agaçant lors de ses débuts au cinéma.
Pour tirer réellement profit du cadre particulier de Salzbourg, il faut l'espièglerie d'un Wolfgang Murnberger (Silentium !). Par défaut, ce film moyen fournit un divertissement aussitôt vu, aussitôt oublié.

Vu le 16 mars 2007, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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