Fragile[s]

Réalisé par Martin Valente (2007)

Drame
Fragile[s]
Durée 107 minutes
Sortie 20/06/2007
Note 5/10

Un réalisateur sur le déclin qui est invité à un festival au Portugal. Sa femme qui veut reprendre sa carrière d'actrice, alors qu'elle ne sait pas comment assumer son rôle de grand-mère. Un flic dont la femme est dans le coma depuis sept mois. Une jeune musicienne qui n'arrive pas à décrocher de la drogue. Un pharmacien solitaire qui devient malgré lui le maître d'un chien errant. Une jeune femme qui a l'impression d'être un fantôme, tellement elle fait tout de travers dans sa vie. Autant de destins qui vont se croiser pendant quelques jours.

La critique

Par Tootpadu 31/05/2007

Il fallait bien que ça arrive un jour en France : le genre de film choral où les destins tragiques de tous les participants se rejoignent ou se recoupent pour former un message plus ou moins socialement conscient. Certes, il existe déjà la tradition typiquement française dont Claude Lelouch avait fait son fond de commerce, où les coups du destin s'entrechoquent passionnément, comme dans les feuilletons les plus ringards. Le deuxième film de Martin Valente, après le peu remarquable Les Amateurs, s'inspire davantage d'oeuvres plus récentes, et donc logiquement plus dans l'air du temps dirait-on, comme les films d'Alejandro Gonzalez Iñarritu ou Collision de Paul Haggis. La profusion des histoires, qui se croisent et s'influencent grâce au pouvoir illimité de la coïncidence, débouche en effet, comme dans les films précités, sur des constats d'une empathie ostentatoire.
Au centre du film se trouve la solitude et la frustration au quotidien de personnages malheureux dans leur condition, quelle qu'elle soit. Cela va du réalisateur distrait et mélancolique, qui en est arrivé à considérer l'histoire de sa vie comme un sac poubelle qui le suit dans une odyssée improbable à travers l'Europe, jusqu'à la toxicomane qui n'a pas plus d'emprise sur sa vie que les autres perdants qui peuplent le film. Si elle peut agacer, la volonté d'établir coûte que coûte un lien entre les trois histoires principales, jusqu'à provoquer artificiellement des chutes, au propre comme au figuré, la sympathie manifeste pour ces protagonistes peu glorieux a de quoi nous réconcilier avec le film.
Car le progrès cinématographique de Martin Valente se trouve bien là : de savoir mener de main ferme, sans écart ou accroc, une mosaïque d'histoires banales, là où ses bagatelles de banlieue manquaient particulièrement de verve auparavant. Si Fragile(s) laisse parfois à désirer, c'est parce que le scénario se complaît trop dans le constat social bien intentionné, et non pas parce que la mise en scène manquerait à garder les spectateurs attentifs et intéressés.

Vu le 31 mai 2007, au Club de l'Etoile

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Retour à la liste des Critiques