
| Titre original: | Congorama |
| Réalisateur: | Philippe Falardeau |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 105 minutes |
| Date: | 17 janvier 2007 |
| Note: | |
Tout va mal pour Michel Roy. Son travail d'inventeur chez une entreprise liégeoise est menacée, faute de débouchés. Sa femme congolaise lui reproche de ne pas s'occuper assez de son vieux père malade. Et quand ce dernier, un écrivain reconnu, annonce à Michel qu'il a été adopté, ce quarantenaire mal dans sa peau prend la fuite. Il part pour le Canada et le petit village de Sainte-Cécile, où il espère retrouver la trace de ses parents biologiques. Mais le voyage ne se passe pas comme prévu, et Michel rentre chez lui avec un poids du passé plus lourd qu'il n'imaginait.
Critique de Tootpadu
Olivier Gourmet est une valeur sûre du cinéma francophone, le genre d'acteur imposant de second rôle sur lequel on peut compter. Mais ce comédien belge est également le prisonnier d'un registre plutôt étroit qui l'enferme la plupart du temps dans des rôles de brute maladroite et complexée. Son ingénieur malchanceux dans le deuxième long-métrage du réalisateur canadien Philippe Falardeau n'échappe pas à la règle. Et comme l'indique notre synopsis fait maison, ce Michel Roy est même un accidenté de la vie, à qui rien ne réussit et dont le malaise existentiel se répercute dans ses actes et dans sa façon d'être.
En tant que protagoniste, ce personnage tortueux fait immédiatement pitié, ce qui n'est pas vraiment le sentiment le plus propice pour obtenir l'adhésion du spectateur. Son comportement finalement très nombriliste pendant le film ne le rend pas plus attachant non plus. D'où une certaine pesanteur dans cette histoire d'un homme mal intégré à la recherche de ses origines. La cape de plomb que nous inspire la présence d'Olivier Gourmet, au demeurant très convaincant, empêche ainsi le film de décoller réellement.
Le second départ que le récit prend à mi-parcours est ainsi des plus bienvenus. En guise de retour en arrière pour partir d'un point de vue différent, un peu à la manière de la trilogie de la vie de Lucas Belvaux, c'est désormais le personnage de Louis Legros qui est le centre principal d'intérêt. Autant la partie belge du film respirait le mal-être, autant la partie canadienne, portée par un Paul Ahmarani au physique particulier mais séduisant, est plus abordable et satisfaisante.
Dommage alors que Philippe Falardeau semble éprouver le besoin de relier tous les fils épars de l'histoire dans un épilogue un brin poussif. Cette célébration d'une francophonie dont la France est absente, qui se déroule sur fond d'un sujet bien dans l'air du temps (les moteurs hybrides), se termine donc en quelque sorte comme elle a commencé : dans une maladresse qui n'est pas dépourvue de charme.
Vu le 23 octobre 2006, à la Salle UGC
Note de Tootpadu: