Vieux jardin (Le)
Réalisé par Im Sang-soo (2007)
Drame
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 11/04/2007 |
| Note | 7/10 |
Après la suppression sanglante de la révolte des étudiants de l'université de Kwangju, en Corée du Sud en 1980, l'activiste Oh Hyun-woo se réfugie à la campagne, chez l'enseignante Yoon-hee. Une passion amoureuse naît entre les deux, qui ne dure cependant qu'un été, puisque Hyun-woo est arrêté par la police dès son retour à Séoul. Au bout d'une peine de prison de seize ans, Hyun-woo doit se rendre compte que le monde et les gens qu'il connaissait alors, ont bien changé.
La critique
Par Tootpadu 09/03/2007
Le temps fluctue d'une façon simplement magnifique dans ce film coréen, le quatrième long-métrage d'Im Sang-soo à sortir en France. Loin d'être linéaire, la structure de la narration confère un ton admirablement suspendu à l'ensemble du film. Au décalage initial, entre l'idéalisme de jeunesse et l'état d'esprit désabusé à la sortie de prison, une lente exploration de ses causes s'ensuit. Im Sang-soo ammène alors son récit vers une abstraction éthérée du plus bel effet, tout en laissant des thèmes aussi vagues que l'absence et le passage du temps vibrer en filigrane.
A l'opposé de la densité chronologique du film précédent du réalisateur, le prenant President's Last Bang, le rythme est plus mesuré ici, mais pas pour autant moins intense. Derrière les plans parfaitement composés se tord en effet une histoire d'amour qui n'a jamais connu l'épanouissement. Pour évoquer cette relation avortée, par les circonstances historiques ou par la bêtise de l'homme, le réalisateur procède par petites touches. Et avec du recul se dresse alors un panorama intimiste d'une époque et de l'évolution, pas forcément pour le mieux, vers une autre. Les sauts réguliers et inopinés entre les différents temps de la narration créent une tonalité à deux doigts de l'ensorcellement, tellement Im Sang-soo s'emploie à brouiller les pistes dans un but des plus nobles : tendre l'arc du souvenir dans un grand mouvement de mélancolie douce-amère. Eh oui, la narration qui se promène sans attaches entre le passé lointain, le passé proche et le présent plus ou moins fantastique ne manque pas de nous rappeler une autre réflexion magistrale sur le temps au cinéma, le magnifique Il était une fois en Amérique de Sergio Leone.
A l'opposé de la densité chronologique du film précédent du réalisateur, le prenant President's Last Bang, le rythme est plus mesuré ici, mais pas pour autant moins intense. Derrière les plans parfaitement composés se tord en effet une histoire d'amour qui n'a jamais connu l'épanouissement. Pour évoquer cette relation avortée, par les circonstances historiques ou par la bêtise de l'homme, le réalisateur procède par petites touches. Et avec du recul se dresse alors un panorama intimiste d'une époque et de l'évolution, pas forcément pour le mieux, vers une autre. Les sauts réguliers et inopinés entre les différents temps de la narration créent une tonalité à deux doigts de l'ensorcellement, tellement Im Sang-soo s'emploie à brouiller les pistes dans un but des plus nobles : tendre l'arc du souvenir dans un grand mouvement de mélancolie douce-amère. Eh oui, la narration qui se promène sans attaches entre le passé lointain, le passé proche et le présent plus ou moins fantastique ne manque pas de nous rappeler une autre réflexion magistrale sur le temps au cinéma, le magnifique Il était une fois en Amérique de Sergio Leone.
Vu le 9 mars 2007, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★★☆☆☆
7/10