Là-bas il fait froid

Réalisé par Mansur Tural (2008)

Drame
Là-bas il fait froid
Durée 78 minutes
Sortie 08/10/2008
Note 3/10

En 1925, dans un village kurde en Turquie, l'armée est à la recherche d'Ahmed, un chef des insurgés. Il est pendu avec son fils, sous les yeux hébétés de son épouse. Cinquante ans plus tard, la vieille femme se souvient de son chagrin sous l'arbre, qui était à l'époque le théâtre des horreurs. Au village, Salahadin étudie la théologie musulmane. Il devient l'ami de Fatima et de son fils Resho, dont le père a également été assassiné par les militaires turcs.

La critique

Par Tootpadu 10/09/2008

Le cinéma kurde n'en est qu'à ses balbutiements. Cependant, même le manque de maturité formelle et l'absence de bases matérielles solides ne peuvent excuser la nature décousue, incompréhensible et, pour la résumer, amateur de cette production française d'un réfugié politique. Incapable de susciter la moindre tension dramatique au fil d'une séquence, la narration sans rythme, ni finalité, vague mollement à travers une histoire inexistante. Si le but scénaristique du film était d'établir un lien, aussi arbitraire soit-il, entre les horreurs de la persécution des Kurdes au début du siècle passé et vers sa fin, le réalisateur Mansur Tural a clairement échoué à rendre ce cycle répétitif de la violence palpable.
Les maladresses constantes du film font au mieux penser au ton naturel et détendu du cinéma artistique indien. Et lorsque l'orphelin exprime son attachement à Salahadin, un semblant d'émotion fait surface. Mais ce sont là des détails insignifiants face au ratage global du film. Au moins, sa façon de passer du coq à l'âne, sans se soucier des bases de la continuité scénaristique, nous rappelle à quel point notre vision cinématographique, ainsi que ses attentes, sont formatées par le statu quo de la narration dans la fiction. Sauf que le style bancal de Mansur Tural ne propose aucune alternative valable à la linéarité et au rapport de causalité éprouvés.
Tout ce que Là-bas il fait froid accomplit, c'est de nous rappeler que n'importe qui n'est pas doué pour réaliser un film. Il faut disposer d'un minimum de talent visuel et de sensibilité rythmique, sans oublier une perception logique forte pour surveiller la structure globale de l'histoire contée, avant de s'atteler à cette tâche épineuse.

Vu le 10 septembre 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★☆☆☆☆☆☆☆ 3/10

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