Silentium !
Réalisé par Wolfgang Murnberger (2007)
Policier
| Durée | 116 minutes |
| Sortie | 17/01/2007 |
| Note | 7/10 |
A Salzbourg, Gottlieb Dornhelm, le beau-fils du directeur de l'opéra, meurt en se jetant de la plus haute montagne de la ville. Tout le monde croit au suicide, sauf son épouse qui pense qu'il a été assassiné suite à ses accusations d'atouchement sexuel envers l'actuel archevêque. Elle engage Simon Brenner, un privé désabusé, et l'envoie fouiner au Marianum, l'internat religieux où Dornhelm avait été molesté dans sa jeunesse.
La critique
Par Tootpadu 29/12/2006
Le personnage du détective privé n'a plus tellement la côte de nos jours. Ses allures dignes des meilleurs "films noir" ont été remplacées dans notre ère de la haute technologie soit par des agents secrets sophistiqués (l'éternel James Bond), voire juvéniles (Alex Rider), soit par des agents de sécurité tout aussi performants (un rôle que Denzel Washington semble particulièrement apprécier). La découverte de l'improbable Simon Brenner dans ce film autrichien est alors des plus surprenantes et réjouissantes.
Le Philip Marlowe de Raymond Chandler vu par Robert Altman (Le Privé) ou antérieurement par Howard Hawks (Le Grand sommeil) trouve dans cet individu désabusé, délabré même, mais toujours lucide sur son impuissance de pouvoir changer les choses, un héritier inattendu. Avec un état d'esprit ironique, Brenner approche l'affaire du suicide à Salzbourg sans se faire d'illusions. Son détachement n'atteint pas le recul laconique du narrateur, qui épice le récit avec ses commentaires pointus, mais dans l'univers selon la philosophie personnelle de Brenner, tout est un éternel recommencement ou plutôt, un cercle vicieux auquel il est impossible d'échapper (l'histoire de la saucisse et du "Leberkäs"). Installé confortablement dans sa nonchalance, le privé, qui passe facilement pour un sans-abri, fait par conséquent juste quelques tentatives maladroites et impuissantes pour résoudre une affaire obscure.
Les deux points forts de ce policier excellent, issu d'un pays qui ne fait plus tellement parler de lui en termes cinématographiques depuis le départ de Michael Haneke, sont l'humour mordant et la description aiguë d'un milieu provincial embourgeoisé. Si le premier dans toute sa splendeur (la course poursuite dans le parking) permet à Brenner et son compagnon Berti d'échapper aux pièges les plus dangereux, le second apporte une importance sociale considérable au film. Grâce à la compréhension approfondie des réseaux d'influences parmi les notables (le clergé et la culture) d'une ville moyenne, le film de Wolfgang Murnberger dresse un portrait juste et intrigant d'une partie de la culture autrichienne.
Le Philip Marlowe de Raymond Chandler vu par Robert Altman (Le Privé) ou antérieurement par Howard Hawks (Le Grand sommeil) trouve dans cet individu désabusé, délabré même, mais toujours lucide sur son impuissance de pouvoir changer les choses, un héritier inattendu. Avec un état d'esprit ironique, Brenner approche l'affaire du suicide à Salzbourg sans se faire d'illusions. Son détachement n'atteint pas le recul laconique du narrateur, qui épice le récit avec ses commentaires pointus, mais dans l'univers selon la philosophie personnelle de Brenner, tout est un éternel recommencement ou plutôt, un cercle vicieux auquel il est impossible d'échapper (l'histoire de la saucisse et du "Leberkäs"). Installé confortablement dans sa nonchalance, le privé, qui passe facilement pour un sans-abri, fait par conséquent juste quelques tentatives maladroites et impuissantes pour résoudre une affaire obscure.
Les deux points forts de ce policier excellent, issu d'un pays qui ne fait plus tellement parler de lui en termes cinématographiques depuis le départ de Michael Haneke, sont l'humour mordant et la description aiguë d'un milieu provincial embourgeoisé. Si le premier dans toute sa splendeur (la course poursuite dans le parking) permet à Brenner et son compagnon Berti d'échapper aux pièges les plus dangereux, le second apporte une importance sociale considérable au film. Grâce à la compréhension approfondie des réseaux d'influences parmi les notables (le clergé et la culture) d'une ville moyenne, le film de Wolfgang Murnberger dresse un portrait juste et intrigant d'une partie de la culture autrichienne.
Vu le 21 décembre 2006, au Club 13, en VO
★★★★★★★☆☆☆
7/10